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CHRONIQUE PAR ...

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Gh0sT
Cette chronique a été mise en ligne le 11 février 2009
Sa note : 17/20

LINE UP

-Paul Masvidal
(chant+guitare)

-Tymon Kruidenier
(guitare+choeurs)

-Sean Malone
(basse)

-Sean Reinert
(batterie)

TRACKLIST

1)Nunc Fluens
2)The Space for This
3)Evolutionary Sleeper
4)Integral Birth
5)The Unknown Guest
6)Adam's Murmur
7)King of Those Who Know
8)Nunc Stans

DISCOGRAPHIE


Cynic - Traced In Air
(2008) - inclassable Métal technique mélodique - Label : Season Of Mist




« Pardon ? Le nouvel album de Sinik ? Vous trouverez ça au rayon RAP monsieur »... Ah bah oui, forcément, quand on a sorti un seul album de metal il y a de cela 15 ans, aussi mythique soit-il, pas évident d'être connu du vendeur de votre superstore local. A contrario, ici, je ne pense pas qu'il soit nécessaire que je vous explique le pédigrée de Cynic, ou des trois extraterrestres qui composent le noyau dur du groupe. Autant plonger de suite au cœur de leur nouvel opus.


Premier contact avec l'objet : un bien beau digibook présentant une illustration (en relief s'il-vous-plait) réalisée par le même artiste que celle de Focus. Une fois inséré, le CD nous révèle qu'il recèle 8 pistes pour une durée avoisinant les 35 minutes. Pas de doute, c'est bien du Cynic !!! L'auditeur, qui ne sait pas trop à quoi s'attendre après 15 ans, est tout d'abord soumis aux sonorités électroniques et dissonantes de l'intro, répondant au nom étrange de "Nunc Fluens". Puis, montant progressivement en intensité, la section rythmique, fait son apparition. Les 2 Sean (Reinert et Malone) semblent toujours posséder cette régularité implacable qui rendrait un métronome jaloux. Puis on entre dans le vif du sujet avec le titre "Space for this"...

Un morceau qui débute calmement par une douce mélodie à la guitare, puis la voix de Masvidal se fait entendre. Toujours aussi identifiable mais moins trafiquée qu'auparavant, elle envoute, cajole, endort l'auditeur... jusqu'au moment où la frénésie s'empare du groupe. Une frénésie toute relative néanmoins : seconde guitare, basse et batterie alourdissent le ton, mais pas trop. La voix death du nouveau venu Tymon Kruidenier n'est là qu'en support et ne prend ici aucunement le dessus. Le titre se déroule ainsi, de breaks en ponts, les musiciens aussi à l'aise que 15 ans auparavant... Un titre de métal technique qui développe des ambiances aériennes, voire spatiales avec toujours ces structures jazzy chères au groupe. Voilà ce qu'est Cynic version 2008.

Car, avec ce nouvel opus, il n'est plus question de parler de death metal. Les growls de Tymon, qui tient également la seconde guitare, ne s'affranchiront jamais de la barrière des backing vocals et le son ne se plombera pas assez pour ça. D'ailleurs la basse est clairement plus en retrait que sur Focus, même si Malone montre qu'il n'a rien perdu de sa fabuleuse dextérité ni de son groove. Reinert passe toujours pour un lointain parent de Shiva derrière ses fûts : son jeu est précis, soutenu, omniprésent et naturel. La section rythmique effectue donc un gros boulot sur cet album mais c'est tout en sobriété qu'elle s'impose. Quant à Masvidal, fidèle à son habitude, il utilise sa guitare pour développer des mélodies très alambiquées et qui pourtant nous restent en tête.

J'en vois déjà ouvrir de grands yeux en se disant que Cynic aurait mieux fait de ne jamais revenir. Que nenni ! Ces changements de forme ne sont rien d'autre qu'une évolution, Mais pas une trahison. Masvidal et sa bande sont conscients que quinze ans se sont écoulés et qu'il était nécessaire de présenter une nouvelle facette du groupe pour réitérer l'exploit Focus et, justement, ne pas trahir. Ils ont donc opté pour une production plus contemporaine, plus lisse diront certains. La sophistication a pris le dessus sur le son dur et sec de Focus. La voix claire de Masvidal s'est débarassée des artifices superflus... il sonne désormais comme un "simple" extraterrestre, et non plus comme un robot. Avant de rouvrir la maison Cynic au public, il était indispensable de faire un grand ménage de printemps.


A travers les huit titres de l'album, on reconnait Cynic. Un groupe qui a de nouveau su tirer parti des talents qui le composent pour nous livrer un son bien particulier. Un son tout en atmosphères spatiales, un son qui envoute par ses mélodies aériennes et bluffe par sa technicité. Un son qui est l'aboutissement logique du parcours des membres du groupe : on y retrouve du Æon Spoke, du Gordian Knot, voire un soupçon d'Aghora. Traced in Air est tout simplement un grand album de métal moderne, mélodique et technique.


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