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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 20 décembre 2011
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Paul Masvidal 
(chant+guitare)
 
-Max Phelps  
(guitare+chant) 

-Brandon Giffin  
(basse) 

-Sean Reinert 
(batterie+claviers) 

TRACKLIST

1) Amidst The Coals
2) Carbon-Based Anatomy
3) Bija!
4) Box Up My Bones
5) Elves Beam Out
6) Hieroglyph
7)

DISCOGRAPHIE


Cynic - Carbon-Based Anatomy
(2011) - inclassable technique et mélodique - Label : Season Of Mist



C'est à se demander s'ils sortiront un jour un album mauvais… Bon, en même temps, ils ne se tuent pas à la tâche. Mettre 15 ans à sortir son deuxième album, on a vu plus productif, surtout quand ledit album dure 40 minutes. Alors, il y a les EP. D'ailleurs, ils ne durent qu'une vingtaine de minutes… Bah oui, ils sont deux fois plus courts que les albums ! Bref, pas de quoi se rassasier … Bon d'accord, ça fait le deuxième en deux ans mais Re-Traced était un album de reprises de Traced In Air, ça ne compte pas !

Oui, Cynic sont de jolis glandeurs. Oui, ils font ce qu'ils veulent, et bien, trop bien même. A croire qu'ils font ça pour embêter les chroniqueurs… Comment juger un EP qui contient 3 chansons et 3 transitions ? Voilà la punition qu'ils ont infligé à votre serviteur. Commençons par l'artwork qui est dans la droite tradition des précédentes réalisations, aux allures de magma informe et à la signification des plus énigmatiques, mais toujours aussi sublime. Revenons à présent sur ces trois fameuses transitions. Assez cohérentes entre elles, elles développent une ambiance bien particulière à cet EP. A première vue en effet, elles peuvent sembler bien dispensables et vous aurez certainement envie de les esquiver. Toutefois, c'est peut-être à ce niveau que se fait toute la différence. Après tout, Carbon-Based Anatomy aurait très bien pu être un recueil de 3 morceaux à offrir en guise d'amuse-gueule aux plus véloces fans. Sauf que Cynic a beau faire toujours les choses à moitié niveau quantitatif, c'est bien tout le contraire niveau qualitatif.

C'est ainsi que l'introductif "Admist The Coals" nous plonge dans une ambiance shamanique, avec instruments orientaux et rythmiques tribales. On perçoit dans un brouillard des voix féminines inquiétantes, quasi incantatoires, qui s'entremêlent. A peine le temps de rentrer dans cette atmosphère qu'une batterie au loin rentre en jeu. Diantre, ce jeu ne vous est pas inconnu. Messieurs dames, sieur Reinert entre en action. Et morbleu, le bougre n'y va pas dans la demi-mesure (malgré son jeu tout en retenue) et pose d'entrée un pattern tout bonnement hallucinant ! Au tour de Paul Masdival de rentrer en piste, sans vocoder (ce sera d'ailleurs le cas sur l'album entier) et pour un rendu d'autant plus naturel. Toujours aérienne et sublime, les pistes de chant sont souvent démultipliées et superposées, quand ce ne sont pas de vrais chœurs. Si Traced In Air amorçait un virage clairement plus mélodique, ici les dernières réminiscences métalliques sont totalement effacées. Les Floridiens font ici exploser cette retenue et ce feeling jazz qu'ils ont toujours su développer.
 
Ce titre éponyme est clairement le plus marquant de l'EP, bénéficiant d'un solo de guitare absolument magnifique et d'un jeu de crescendo / decrescendo tout bonnement bluffant. Les deux autres « vrais » morceaux s'intègrent eux aussi parfaitement dans l'ambiance  propre de cet EP, formant ainsi un bloc de 20 minutes qui nécessite vraiment d'être écouté comme tel. "Box Up My Bones" jouit d'un refrain doté chœurs sublimes absolument addictif tandis que les couplets placent la voix de Masdival plus en retrait, presque en chuchotement. Si la Cynic-touch est clairement identifiable sur cette chanson, elle l'est moins sur "Elves Bearn Out", titre le plus expérimental de la galette où le groupe s'amuse à explorer des nouveaux horizons. Les nappes de claviers et les effets en tout genre prennent en particulier une importance de premier ordre, au détriment des growls qui ont totalement disparu, au même titre que les riffs les plus violents. Une orientation qui s'inscrit naturellement dans la lignée amorcée par les précédents opus, en s'éloignant toujours un peu plus du death metal des débuts.

Cynic démontre qu'il est encore capable en 2011 de composer des morceaux toujours aussi riches et intenses avec cette intelligence minutieuse qui a fait son succès. Un travail d'orfèvre donc, qui démontre (si c'est encore à faire) que le quartet reste un des plus intéressants groupes actuels tous styles confondus. Il ne reste plus qu'à confirmer ça sur un long format. En attendant, prenons notre mal en patience et réécoutons avec enchantement la discographie des Floridiens, y compris ce dernier-né qui n'a pas à rougir aux côtés de ses aînés.


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