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CHRONIQUE PAR ...

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Arroway's
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mars 2010
Sa note : 14/20

LINE UP

-Toschie
(chant)

-Ice Dale
(guitare)

-Thomas Tofthagen
(guitare)

-Kjetil Greve
(batterie)

TRACKLIST

1)These Vultures
2)Charon
3)Circus
4)Down Like Suicide
5)Blaze of Ashes
6)Sail Away
7)Bridges and Anchors
8)Pitch Black Mourning
9)Firehose
10)Darkdrive
11)Godspeed


DISCOGRAPHIE

No Hay Banda (2005)
Le Fol (2008)
Audrey Horne (2010)
Youngblood (2013)
Blackout (2018)

Audrey Horne - Audrey Horne
(2010) - hard rock classic rock - Label : Indie Recordings




Une fois n'est pas coutume: voilà que je chronique du hard rock. Pour le coup, j'ai quand même un peu triché: quand on sait par avance qu'il y aura des membres officiant dans des groupes comme Enslaved, Sahg ou encore Deride, on espère un peu que le résultat en ressentira quelque effet, aussi subtil soit-il. Sauf que lorsque j'ai écouté pour la première fois Audrey Horne, puisqu'il s'agit du groupe en question, je n'en soupçonnais rien. On ne pourra pas me faire de procès de bonnes intentions anticipées.


Chaque chronique que vous lirez sur ce groupe commencera surement par là: Audrey Horne est le nom d'un personnage emblématique de la série Twin Peaks créée par David Lynch et Mark Frost au début des années 1990. Etrange pour un nom de groupe: comme l'explique si bien le chanteur Toschie, « Lorsque qu'un groupe choisit le nom d'une femme, personne ne sait à quoi s'attendre musicalement parlant ». Tout cela serait sans intérêt si ce n'était que Audrey Horne (le groupe) porte très bien son nom. Si vous ne connaissez pas la série allez y jeter un coup d'œil, ne serait-ce que pour quelques séquences. Difficile ensuite de dissocier la musique de Audrey Horne du personnage et de l'atmosphère qui flotte autour: c'est le côté catchy et un peu suave des refrains, l'arrière-fond trouble des morceaux - "Circus" en première ligne qui pourrait faire figure de standard -, l'air de folie douce un peu décalé des couplets de "Down Like Suicide", la superposition de compositions très mélodiques et sans surcharges et de thèmes de toute évidence moins légers.

Si la structure des morceaux réservent généralement peu de surprises, le fond a pourtant de quoi satisfaire ceux que l'on appelle communément amateurs de rock alternatif ou de neo-prog pour jouer au jeu des dénominations un peu foireuses. Le refrain instrumental si légèrement barré de "Darkdrive" fera lever quelques têtes, les riffs orientalisants de "Pitch Black Mourning", l'introduction crescendo de "Blaze of Ashes" ou le solo aux claviers sur le même titre ont comme un air familier. Les musiciens assurent une performance irréprochable pour un jeu sans surcharge mais suffisamment riche pour satisfaire une écoute ciblée – Kjetil Greve à la batterie en première ligne. Mais l'intérêt de Audrey Horne vaut surtout pour les thèmes mélodiques: "Circus", malgré son thème attendu qui contourne l'écueil du cliché on ne sait trop comment d'ailleurs, refrain poignant de "Down Like Suicide", rythme rien moins qu'entraînant de "Bridges and Anchors"… Soulignons également le fait que le charme de Audrey Horne (blague à part…) doit beaucoup au registre assez haut perché de Toschie dont la performance vocale est quasiment irréprochable.

Malheureusement malgré ces qualités, ce troisième album d'Audrey Horne souffre de certaines faiblesses. Et en premier lieu celle de tomber parfois dans la ballade entendue 665 fois de "Sail Away" ou la mollesse d'un "Firehose" et de son solo conventionnel à mid tempo. Le meilleur étant réservé pour la fin de l'album et sa chanson acoustique à aller chercher soi-même une larme au fond de l'oeil – ou alors à se tirer une balle sur les une minute et 58 secondes finales durant lesquelles est répété ad libitum et continument le désespérant motif « Farewell farewell will we see you again ?» (le morceau comptant 3 minutes 38). Après un début d'album assez consistant sur les quatre premiers morceaux (en exceptant l'introduction "These Vultures") la qualité des compositions se fait donc plus chaotique, pour ne pas parler de final très décevant ou de traversée du désert en ce qui concerne "Sail Away". La recette Audrey Horne atteint vraisemblablement ses limites sur cet album.


Audrey Horne, troisième du nom – produit au passage, cela pourrait en intéresser, par Joe Barresi (Queens Of The Stone Age, Clutch, Isis, Coheed And Cambria…) - pourra satisfaire dans une certaine mesure les amateurs de chansons un peu consistantes, de mélodies entrainantes parfois un peu troubles, de hard rock pas trop méchant mais-quand-même qui va chercher dans le néo-prog - pour ainsi dire. L'album reste inégal mais au poids la balance penche du bon côté. Si c'est pour une découverte, c'est en tout cas à tenter.


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