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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 28 mai 2013
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Toschie
(chant)

-Thomas Tofthagen
(guitare)

-Arve Isdal
(guitare)

-Espen Lien
(basse)

-Kjetil Greve
(batterie)

TRACKLIST

1) Redemption Blues
2) Straight into Your Grave
3) Youngblood
4) There Goes a Lady
5) Show and Tell
6) Cards with the Devil
7) Pretty Little Sunshine
8) The Open Sea
9) This Ends Here
10) The King Is Dead

DISCOGRAPHIE

No Hay Banda (2005)
Le Fol (2008)
Audrey Horne (2010)
Youngblood (2013)
Pure Heavy (2014)
Blackout (2018)

Audrey Horne - Youngblood
(2013) - hard rock - Label : Napalm Records



Des black metalleux qui se mettent au hard rock ? J'étais obligée d'écouter cela ! En dépit d'une couverture particulièrement repoussante, le programme des festivités rend cette quatrième offrande de la formation norvégienne Audrey Horne très alléchante. Les précédents disques regorgeaient déjà de bonnes idées, il ne restait plus à ce quintette qu'à capitaliser tout son potentiel pour décoller enfin.

Youngblood commence fort en mélodie. Dès "Redemption Blues", on se retrouve entraînés dans ce que le genre nous fait de mieux : la mélodie est tubesque, les riffs hypnotiques et le chant transcende le titre. Et que serait le hard sans son petit refrain imparable ? Bingo, vous comprenez tout de suite qu'on va en trouver tout plein dans l'album. C'est ainsi que durant tout le disque, le combo norvégien parvient à passer par-dessus l'aspect déjà vu et déjà entendu. La fraîcheur de ces mélodies fait un bien fou à entendre et donne une énergie certaine, un côté communicatif et chaleureux que ces hommes venus du froid savent apporter au travers de la musique. Ce credo se retrouve globalement sur l'album entier, lui conférant une grande homogénéité et une constance qui n'est là que pour conserver la qualité de l’œuvre.

Mais bien que nos Scandinaves excellent quant à la face la plus immédiate de leur disque, la formation joue aussi très bien sur le terrain de l'émotion et de la mélancolie. On retrouve très bien ce petit côté irrésistible sur la très réussie "The Open Sea", et la moins réussie (bien qu'intéressante) "The King is Dead", toujours porté par un Toschie à la faculté d'adaptation énorme. Ce chanteur donne tout de même son petit cachet à Audrey Horne, bien qu'évidemment, la musique se veut influencée en très grande partie par Deep Purple ou Thin Lizzy (les petits clins d’œil à ces derniers ne trompent pas). Ainsi, le quintette peut également se targuer d'allier une forte diversité musicale aux qualités déjà présentes.

On peut seulement regretter quelques pistes en-dessous du lot, et c'est finalement ce qui fait le plus de mal à Audrey Horne. Incontestablement un très bon groupe, les meilleurs morceaux éclipsent très rapidement les autres, les oubliables. L'excellente "Pretty Little Sunshine" n'aura aucune difficulté à évincer "There Goes a Lady" ou "Show and Tell" de notre esprit, de même pour "The Open Sea" bien meilleure dans son registre que "The King is Dead". Pourtant, rien n'est mal foutu, mais les ficelles sont parfois un peu trop similaires, faisant jouer certains titres dans la même cour et, ainsi, plaçant ces morceaux en concurrence. La prochaine fois, gageons que ce léger point noir sera comblé pour passer enfin à la vitesse supérieure.


Ce qu'il y a donc de plus important à retenir à propos de Youngblood, c'est que cette livraison est convaincante et tout à fait réussie. Il manque encore à Audrey Horne la petite étincelle qui rendrait l'ensemble incontournable, mais nul doute que nous en sommes pas loin du tout ! Qui a dit que les black metalleux ne savaient pas faire de hard rock ? Pas moi, ça c'est sûr, car si les Norvégiens obtiennent la reconnaissance qu'ils méritent, on pourrait en entendre bien plus parler à l'avenir.


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