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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Lars Säfsund
(chant+claviers+programmation)

-Robert Säll
(guitare+claviers+programmation)

-Herman Furin
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Jonas Gröning
(claviers sur 2, 7, 8 et 10)

-Marcus Möller
(claviers sur 4)

-Vincent Louis "Vince" DiCola
(claviers sur 4)

-Jonas Öijvall
(claviers sur 5, 7, 9 et 10)

-Robert Elovsson
(claviers sur 6)

-Henrik Linder
(basse sur 1)

-Shem von Schroeck
(basse sur 2 et 4)

-Andreas "Passmark" Olsson
(basse sur 3, 6, 7, 9 et 10)

-Nalle Påhlsson
(basse sur 5 et 8)

-Fredrik Håkan "Figge" Boström
(basse sur 11)

-Mikael Emsing
(percussions)

TRACKLIST

1) Misguided Love
2) Be The Believer
3) Another Night
4) This Isn't Love
5) Gotta Get Out
6) Come Home
7) If I Could Fly
8) Destined To Survive
9) Scars To Prove It
10) What You Want From Me
11) Let Me Dream

DISCOGRAPHIE

Artwork (2008)
In Progress (2011)
Framework (2014)
Exhibits (2019)

Work Of Art - Exhibits
(2019) - hard FM AOR - Label : Frontiers Records



Cinq années après un Framework en pilotage automatique, les trois compétents musiciens de Work of Art signent enfin leur retour avec Exhibits, à n'en pas douter un nouvel album d'AOR usiné dans les moules sempiternels du genre. Sauf que les gars du nord ont reçu du renfort, dont celui de Jim Peterik, la tête pensante de Survivor. Le genre de coup de main qui change la donne.

Pas d'emballements excessifs, messieurs-dames, la collaboration avec le toujours inspiré vétéran de la scène soft (hard) rock ne concerne que deux titres. Coïncidence - ou pas - ce sont les meilleurs de l'enregistrement et, autant y aller franco, les plus savoureux de la discographie de Work of Art. En ouverture, "Misguided Love" est un pur tube. Couplets tendus et refrain renversant bonifiés par le superbe chant de Lars Säfsung, la chanson porte incontestablement la Peterik touch, co-crédité à l'écriture. Puissante sans être « heavy » - il ne faut pas pousser non plus – la production est délestée d'artifices dévitalisants et rend justice au dynamisme irrésistible de ce magistral opener. La suite ? Du bon boulot. Moins transcendant que celui de "Misguided Love", le refrain de "Be The Believer" est agréablement enlevé et relayé par une battle de synthés en fin de parcours, que l'on retrouve sur "This Isn't Love" dans un esprit premier Asia assez sympathique. Plutôt que les confiner au rang d'irritants cosmétiques, les Scandinaves ont en effet réservé une place de choix aux claviers qu'ils font péter sur les mesures liminaires de "Destined To Survive" en mode "Jump" de Van Halen, avec moins d'emphase toutefois – on n 'est plus dans les eighties - ou encore sur "Scars To Prove It" dont le thème groovy rappelle le Cinderella du début des années quatre-vingt-dix. Le kitsch guette mais Säfsund rattrape l'affaire sur le refrain, pas bouleversant mais suffisamment vigoureux pour faire passer la pilule. On y retrouve avec plaisir un solo de guitare nerveux, à l'instar de ceux qui illustrent la plupart des titres tels que l'alerte "If I Could Fly" à qui il ne manque qu'un chouïa d'intensité sur le refrain pour concurrencer celui de la première piste.
Quelques occurrences se révèlent plus communes tout en bénéficiant d'une petite trouvaille qui leur permet de ne pas jurer avec le reste du plateau - ainsi la rengaine entêtante d'"Another Night" ou la mélancolie tenace de "Come Home". En revanche "Gotta Get Out" peine à convaincre, même Säfsund ne semble pas faire preuve d'une implication totale sur le seul morceau du recueil pour lequel il est crédité. Heureusement celui-ci se conclut sur de bonnes sensations, celles procurées par "What You Want From Me" lancé par un riff revisitant, celui de "Ain't talking about Love" de Van Halen (encore), prélude à un refrain délectable – ok, le solo de synthés est un peu too much cette fois. La réalisation s'achève en douceur avec "Let Me Dream", l'autre contribution de Peterik, progressant dans une ambiance cristalline très années quatre-vingt et dont les couplets évoquent "Eye in the Sky" de The Alan Parsons Project. Valorisée par un refrain magnifique ponctué d'une craquante descente chromatique aux claviers, la composition est rehaussée d'un solo de guitare tout en feeling qui laisse... rêveur.


Avec un peu d'aide de leurs amis, les doués artisans de Work of Art délivrent une œuvre remarquable avec laquelle ils concrétisent à nouveau les belles dispositions affichées sur leur premier LP. Et même un peu au-delà grâce aux deux participations exquises de Jim Peterik qui en constituent les moments forts. Voilà de quoi revigorer les fans inquiets tout en replaçant la troupe suédoise dans le haut du panier de l'AOR. Un « chef d'œuvre »? Pas encore. Mais indubitablement, Work of Art s'en approche.



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