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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2022
Sa note : 14/20

LINE UP

-Blackheim
(chant+guitare)

-Renkse
(chant+batterie)

-Le Huche
(basse)

TRACKLIST

1) Funeral Wedding
2) Shades of Funeral Fields
3) For Funerals to Come
4) Epistel
5) Black Erotica (bonus)
6) Love of the Swan (bonus)

DISCOGRAPHIE


Katatonia - For Funerals to Come (EP)



« Quand vient la fin de l’été, sur la plage. Il faut alors se quitter. Peut-être pour toujours. Oublier cette plage. Et le black doom. » Source : C. Jérôme. Sauf la dernière phrase, que j’ai remaniée pour rendre l’ensemble extraordinairement drôle, et, accessoirement, adapter ces paroles, moment d’exception de la chanson française, à la chronique.

For Funerals To Come, c’est un adieu. Le nom de l’EP n’a pas été choisi au hasard. À partir de Brave Murder Day, Katatonia passe à autre chose et lance sa carrière. Restent quelques fanboys de la première heure, inconsolables. J’en fais presque partie. Mais seulement « presque », pour deux raisons : l’une, c’est que, même si Jhvah Elohim Meth et Dance of December Souls sont de purs chefs d’œuvre, Katatonia en version propre a pondu quelques albums très, très bons. L’autre, c’est que je ne suis pas persuadé que Blackheim et Lord Renkse auraient pu égaler ou s’approcher à nouveau de Dance of December Souls. For Funerals to Come est un EP bien sympa, mais on y ressent le phénomène d’épuisement créatif, qui obligea d’ailleurs Blackheim à arrêter Diabolical Masquerade quelques années plus tard. "Funeral Wedding" est un bon titre. Le groupe y applique la superbe recette black-doom de l’album précédent et reprend la géniale idée développée sur "Tomb of Insomnia" : une séquence guitare acoustique - batterie enlevée et accrocheuse, en y rajoutant, cette fois-ci, de la double pédale à gogo. "For Funerals to Come" a beau être courte et, cette fois, totalement acoustique, elle est poignante, et l’adieu que constituait "Epistel", sombre outro, également. "Shades of Emerald Field" montrait le groupe sous un jour un peu plus « rock’n’roll », plus décousu, et moins inspiré. Les deux derniers titres, rajoutés au XXIème siècle, ne changent rien à la donne. Plaisants, ils nous permettent de ronronner doucement, passant en revue les différents plans typiques de Katatonia première mouture, mais la question se pose : si les Suédois avaient persévéré dans leur entreprise initiale, auraient-ils continué à nous faire vibrer ?

Une démo, un album, un EP. Plus le temps passe, plus je me dis que le maigre legs du Katatonia version black-doom n’aurait pas gagné à être plus gras. Avec For Funerals to Come, le groupe nous touche une dernière fois avant d’enlever le maquillage. C’est très bien comme ça.



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