20089

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 18 janvier 2026
Sa note : 11/20

LINE UP

-Justin Karl Michael Broadrick
(chant+guitare+programmation)

-Ben George Christian "C.G." Green
(claviers+basse+programmation)

TRACKLIST

1) Xnoybis
2) Bigot
3) Black Boned Angel
4) Antyhing Is Mine
5) Empyreal
6) Crush My Soul
7) Body Dome Light
8) Toll
9) Heartless
10) Mantra
11) Go Spread Your Wings

DISCOGRAPHIE

Streetcleaner (1989)
Cold World (1991)
Pure (1992)
Selfless (1994)
A World Lit Only By Fire (2014)

Godflesh - Selfless
(1994) - hardcore indus - Label : Earache Records Columbia



L’avantage d’avoir joué à un sport individuel et d’avoir suivi les exploits (lol) des joueurs français dans le sport en question, c’est que l’on finit par croire en l’existence du Gnome Maléfique. Celui qui vous laisse réaliser des coups incroyables à l’entraînement et de belles prestations lors de compétitions mineures mais s’agrippe à votre bras pour vous empêcher de jouer dès que l’enjeu grossit. Et quand on écoute Selfless, on dit que ce petit salopard s’intéresse également à la musique.

Columbia Records. Rien que ça. La perspective d’être distribué par une major vous inhiberait le plus farouche et implacable des groupes de metal industriel… Après Streetcleaner, une œuvre tellement aride, terrible et jusqu’au-boutiste qu’elle sera à jamais considérée comme l’une des références ultimes du genre, puis Pure, second album un peu plus en dent de scie, mais rempli de hargne grise, sans parler des EP parfois fort brillants que le groupe a également sortis sur la même période, en 1994, nous nous demandons où sont les limites d’une formation mélangeant parfaitement la lourdeur métallique et les âpres boucles industrielles. Les Brittons excellent même dans l’art d’introduire des sonorités electro dans leur mixture, le fantastique EP Slavestate en est une preuve irréfutable. Alors quand sort Selfless, je suis dans le même état que beaucoup de fans : excité et curieux de savoir ce que Justin et GC nous ont concocté cette fois-ci. Dire que la déception est grande relève de l’euphémisme. Eux aussi ont été victimes du Gnome. Sans doute stressés par l’élargissement potentiel de leur audience, étant donné le nom du label avec lequel ils ont signé, les Godflesh se sont terriblement auto-limités. L’aspect industriel est très significativement minimisé et ce n’est pas le (trop) long titre final où le groupe semble presque dériver sans but - et c’est un fan de dark ambient qui vous parle...- qui changera le cours de l'album.
Quant à de possibles bidouillages electro/dub, les premières pistes nous font comprendre que ce ne sera pas pour cette fois. Qu’est-ce que Selfless nous propose donc ? Un metal vaguement industriel, âpre mais pas trop, tirant sur le hardcore à la Prong ou Helmet, bien plus gentil qu’auparavant et emmené par un Justin dont le timbre plus doucereux qu’à l’accoutumée confirme le rapprochement avec les deux formations citées ci-dessus. Sur les titres les plus lourds et cadencés, le mélange tient à peu près la route, même s’il faut attendre "Crush My Soul", à la rythmique très prenante, et l’effet hypnotique de "Body Dome Light" pour avoir quelque chose de vraiment convaincant à se mettre sous la dent. Mais quand les gars se la jouent atmosphérique, l’ensemble devient carrément gentillet, "Black Boned Angel" et "Mantra" nous proposant hélas des choses indignes de la qualité du duo. Il va sans dire qu'une fois arrivés tant bien que mal à la fin des dix titres standards, la perspective de se fader "Go Spread Your Wings" n’est guère enthousiasmante… Comme mentionné plus haut, sans être horrible, cette dernière piste a le cul entre deux chaises, pour parler poliment. Trop metal ou trop ambient, elle est finalement assez symptomatique d’une œuvre où le groupe semble s’être trop bridé, n’osant pas afficher son caractère brut si jouissif. Heureusement, le tir sera rectifié dès l’album suivant.


Selfless est un album fade, qui m’a extrêmement déçu à sa sortie et ne s’est pas bonifié avec le temps. Quelques passages intenses y surnagent mais l’ensemble s'avère bien propret. À trop frotter sous les aisselles, Godflesh a perdu ici l’odeur de cambouis et de copeaux de métal qui fait sa force. Un album à oublier, tout bêtement.





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