20200

CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mai 2026
Sa note : 13/20

LINE UP

-Travis Wills
(chant)

-Mark Borgmeyer
(guitare)

-Benjamin Donald "Ben" Jackson
(guitare)

-Jeff Lords
(basse)

-Dana Burnell
(batterie)

TRACKLIST

1) Redden the Sun
2) Chasing the Hydra
3) Broken Together
4) Angel in My Nightmare
5) Indelible Ashes
6) Beyond the Unknown
7) Armor Against Fate
8) Pearls of Dust
9) Triskaideka

DISCOGRAPHIE


Crimson Glory - Chasing the Hydra



Après le retour improbable des vétérans de la N.W.O.B.H.M. (dernier en date Sweet Savage, très bon) et des thrasheurs eighties (Dark Angel, gênant), voici que surgissent du passé les revenants du power metal. Crimson Glory et son power prog, lui aussi des années quatre-vingt, passent faire un coucou discographique, plus d’un quart de siècle après leur dernier long format - déjà un comeback. Les Floridiens essaient de renouer avec leur passé… Glorieux. Oui, elle était facile. Évidente, même. Comme la volonté des musiciens de livrer un nouveau Transcendence.

L’album phare de 1988 surclassant en popularité les trois autres LP sortis avant ce Chasing the Hydra, il n’est pas surprenant que les membres originels aient voulu s’en approcher pour satisfaire le public qui lui est resté fidèle. Confirmation avec le riff saccadé en décalque de "Red Sharks" à l’entame de la chanson-titre et le chant enjôleur sur lit d’arpèges acoustiques à celle de "Broken Together" évoquant "Painted Skies". Le quintet avait mis les choses au point dès l’ouverture, "Redden the Sun", lancée par un riff travaillé à allure soutenue. S’ensuivent un ralentissement aux sonorités orientales sur le pré refrain, une modulation proche du thrash-tech à la Toxic avant une deuxième plus directe. Puis un solo sur fond de rythmiques cavaleuses et une variation apaisée pour finir. Le style heavy prog est maîtrisé, on n’en attendait pas moins des pionniers.
Pourtant, le résultat peine à enthousiasmer. La faute en partie à une production certes conforme aux canons actuels, mais qui privilégie les basses au détriment de guitares émoussées. Et bien que doté d’un organe dans la lignée de ses prédécesseurs, Travis Wills peine à dynamiser des morceaux englués dans ce son qui colle aux pattes, auquel a pourtant contribué Jim Morris, déjà aux manettes sur Transcendence. Moins strident que son prédécesseur Wade Black, moins spectaculaire que le regretté Midnight, le titulaire du micro va lui aussi chercher des notes haut en tessiture.
Néanmoins, ses refrains manquent sérieusement d’accroche, tels ceux d’"Angel in My Nightmare" et "Pearls of Dust", à la limite du pénible. Les thèmes d’"Indelible Ashes" baignant dans une agréable ambiance Mille-et-une Nuits et du nerveux "Beyond the Unknown" se révèlent plus plaisants. Cependant, les séquences marquantes sont rares, et faute d’inspiration décisive, l’ennui finit par prendre le dessus, notamment à l’écoute de "Armor Against Fate" et "Triskaideka", phagocytés par des scansions lourdaudes et peu valorisés par les solos en mode shred de Mark Borgmeyer, le successeur du démissionnaire Jon Drenning.


Passé à la moulinette aseptisée d’une production censément « moderne », le premier recueil livré par Crimson Glory au XXIème siècle tourne à vide. Les idées sont là, mais la fougue pour les valoriser fait défaut, un déficit de niaque incarné par un chant trop sage. Se revendiquer d’un modèle de haut niveau est risqué : de bonne facture mais convenu, Chasing the Hydra ne se hisse pas à la hauteur de Transcendence. Sans grande surprise, à vrai dire.





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