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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 06 novembre 2026
Sa note : 17/20

LINE UP

-Berckepruyck
(chant+batterie)

-Martijn "Voerman K." Reinders
(guitare)

-Grovebast
(basse)

TRACKLIST

1) Met straffe schreden
2) Blazer van kemperberg
3) Droefgeestig geblaat
4) Blauwzwarte bosrand in zuivere vrieskou
5) Ruraal metaal
6) Armzalige strooptocht
7) De zwarte boer
8) Wilde dakhaasjager

DISCOGRAPHIE


Tannenbart - Vrijbuiters, bunzingjagers en stropervok
(2026) - black metal folk neofolk - Label : New Era Productions



Si l’on traduit « Vinterskugge, på vår jord! » en néerlandais, on obtient « Winterschaduw, op onze aarde ». Pour nos amis du Nord, cela n’a sans doute rien à voir point de vue prononciation, mais pour un Méridional aux tympans délicats de mon genre, la ressemblance est suffisante et le constat sans appel : les hurlements de Berckepruyck s’apparentent au Noir Parler scandinave et l’écoute du premier album de Tannenbart me fait faire un bond prodigieux en arrière.

Dès les premières notes de cette ode à une ruralité d’un genre spécial, l’envie furieuse me saisit de ressortir Nordavind de Storm, mais également Vinterskugge d’Isengard, donc, ou encore les passages les plus folk metal du mythique The Shadowthrone de Satyricon. Avec ces braillements de taverne, ces mélodies faciles et ce folk que, dans un premier temps, l’on pourrait croire grossier - mais nous y reviendrons -, Tannenbart ressuscite d’un coup d’un seul ce feeling diaboliquement joyeux que suscitaient les œuvres sus-nommées. C’est que ce trio néerlandais s’y entend pour composer du black-folk marquant, sans nécessité de recourir à une armada d’instruments datant au mieux du règne de Charles Quint ! J’en veux pour preuve l’excellentissime "Blazer van kemperberg" où la basse ouvre le bal - ou plutôt la bourrée - avant que la six-cordes grésillante de rigueur ne lui emboite le pas, les instruments étant bientôt rejoints par Berckepruyck et Grovebast qui entonnent à tue-tête un refrain invitant le chanoine le plus tempéré à enquiller les chopes de bière et à tâter des cuisses potelées. Impossible de ne pas non plus mentionner le dernier titre de l’album. Commencé de manière un peu quelconque, "Wilde dakhaasjager" surprend rapidement son monde lorsque ce diablotin de Berckepruyck se déclare fan de Peter Criss et fait sonner la cow bell plus qu’à son tour, conférant ainsi un côté catchy inattendu au titre.
Toutefois, il serait extraordinairement injuste de réduire Vrijbuiters, bunzingjagers en stropersvolk à un tribute un tantinet caricatural aux chansons à boire version black metal, et pas seulement pour le très beau break acoustique de "Ruraal metaal". Non, la raison principale du respect à montrer envers ce debut album est le traitement réservé au folk, ou, devrais-je dire, au neofolk, puisque Tannenbart réserve trois pistes au genre pratiqué par Death in June et consorts. "Droefgeestig geblaat" possède d’ailleurs une certaine ressemblance avec les premiers albums de la bande à Douglas Pearce, à une époque où le chant en chœur était monnaie courante dans leurs œuvres. Si ce premier des trois titres de ce style n’est pas forcément le plus réussi, il prépare toutefois l’auditeur à l’écoute des excellents "Armzalige strooptocht" et "De zwarte boer", dont l’allégresse et la désinvolture un brin menaçantes rappellent très fortement Time Is Thee Enemy! et When Did Wonderland End? de Der Blutharsch - écoutez la "Track XI" de Time Is Thee Enemy! pour vous en convaincre. L’exécution brillante de ces morceaux permet de voir Tannenbart sous un jour plus sérieux et tout aussi convaincant que lorsque le trio effectue une virée en taverne. Bref, ce premier album surprend joliment son monde et montre une très belle aptitude à marier des styles rarement associés.


Agalloch l’avait fait, Tannenbart aussi, mais ce mariage du metal noir et du neofolk est peut-être la seule chose en commun qu’aient le projet nord-américain, proposant une musique relevant du l’ordre de l’intime - et souvent de le mollesse… - et le combo néerlandais, beaucoup plus expressif. Vrijbuiters, bunzingjagers en stropersvolk ressuscite avec brio l’esprit de Nordavind et le combine parfaitement avec la version la plus chorale du genre popularisé par Death In June, Sol Invictus et Current 93. À écouter absolument !





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