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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 03 avril 2017
Sa note : 11/20

LINE UP

-Dianne van Giersbergen
(chant)

-Marco Heubaum
(guitare)

-Philip Restemeier
(guitare)

-Steven Wussow
(basse)
 
-Gerit Lamm
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Björn Ove Ingemar "Speed" Strid
(chant sur "We Are Murderers (We All)")

-Ross Thompson
(chant sur "Ship of Doom")

-Zaher Zorgati
(chant sur "Burn me")

-Henning Basse
(chant sur "A Theater of Dimension")

-PA'dam Choir
(chœurs)

-Valerio Recenti
(chœurs)

-Joost van den Broek
(narration sur "A Theater of Dimension"+claviers)

-Ben Mathot
(violon)

-Jeroen Goossen
(flûte)

-Johannes Schiefner
(cornemuse)

-David Faber
(violoncelle)

TRACKLIST

1) Where the Heart Is Home
2) Death to the Holy
3) Forsaken Love
4) Call of Destiny
5) We Are Murderers (We All)
6) Dark Night of the Soul
7) When the Walls Came Down (Heartache Was Born)
8) Ship of Doom
9) Céilí (instrumental)
10) Song for Sorrow and Woe
11) Burn Me
12) Queen of Hearts Reborn
13) A Theater of Dimensions

DISCOGRAPHIE


Xandria - Theater of Dimensions
(2017) - metal symphonique - Label : Napalm Records



Quelle est la différence entre Xandria et Nightwish ? Aucune. Dès lors, deux options se présentent : se réjouir d'une nouvelle livraison des Finlandais, même sous un nom différent, ou s'enfuir écouter autre chose.

Les suiveurs de Xandria s'offusqueront sans doute d'un incipit aussi lapidaire, mais à part refaire l'historique de la section germano/ batave, difficile de trouver une accroche pertinente pour la présenter. Peut-être conviendrait-il de préciser que le collectif emmené par son seul membre permanent, Marco Heubaum, n'a pas toujours donné dans le décalque, en tout cas pas aussi précis ? Au départ, les intentions étaient – un peu - plus légères, leur concrétisation aussi de l'avis quasi général. Les synthés étaient déjà envahissants mais témoignaient d'une orientation « heavy soft » qui en faisaient des compagnons bien assortis à la relative sobriété – la fadeur diront certain(e)s – de la chanteuse originelle. Puis celle-ci s'en est allée et la partition s'est musclée, au diapason des capacités de ses remplaçantes successives. Il faut d'emblée rendre justice à l'actuelle titulaire du micro, la dénommée Dianne van Giersbergen – aucun lien de parenté officiel avec Anneke – tant sa prestation, puissante et variée, donne des gages de solidité quand il faudra défendre le nouvel album sur scène. Quel dommage dans ses conditions que ses inflexions lyriques se fassent aussi systématiques, pour ne pas dire automatiques, au point d'en devenir artificielles ! Fallait-il être aussi pointilleux sur le cahier des charges ? Car le problème est là : quitte à vouloir sonner comme Nightwish – ce dont le quintet de Bielefeld ne se cache pas – il aurait sans doute mieux valu s'inspirer de la mouture la plus récente, celle portée par l'impressionnante Floor Jansen, plutôt que des minauderies d'opérette de la période Turunen.
Quant aux compositions, c'est peu dire qu'elles ne transpirent pas l'audace et l'inventivité, malgré quelques timides passages plus rugueux que la moyenne, tel le riff old school death de "We Are Murderers (We All)", titre rehaussé par l'intervention de l'inévitable Speed Strid, le Michaël Gregorio du metal, qui troque le registre braillou de Soilwork - ainsi que sa convaincante réincarnation en David Coverdale avec The Night Flight Orchestra - pour une performance nettement plus rauque. De fait, tous les items du speed metal symphonique sont rigoureusement validés : les claviers orchestraux façon bande-annonce de télé-réalité aussi prévisibles qu'une explosion pyrotechnique à un concert de Rammstein, les séquences celtico-mélancoliques, les solos nunuches qui ne dépareraient pas sur une réalisation de hard fm, les chœurs pseudo-wagnériens, les rengaines « héroïques » à reprendre bras dessus bras dessous - le tout copieusement assaisonné à la double-pédale, hormis sur "Forsaken Love", la ballade réglementaire dont le thème répété ad nauseam a toutefois le mérite de la sobriété vocale. La dernière piste symbolise l'écart qui sépare Xandria de la première division : faute d'inspiration qui la transcenderait, la pièce montée d'un peu moins d'un quart d'heure s'affaisse en une juxtaposition de figures imposées et fait pâle figure face aux vingt-quatre minutes du surprenant "The Greatest Show on Earth" qui conclut Endless Forms Most Beautiful, le dernier - vrai - Nightwish en date.


Xandria ou le manque d'imagination au pouvoir. Là encore, si la formule peut sembler sévère, elle n'en est pas injuste pour autant. Certes, l'ambition et le savoir-faire sont au rendez-vous. Mais pas les idées. Avec Theater of Impressions, Xandria démontre à son corps défendant que malgré ses vingt ans d'existence, l'éternel étudiant n'a toujours pas dépassé le maître.


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