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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 05 juillet 2022
Sa note : 16/20

LINE UP

-Nao Minami
(chant+danse)

-Kaede Takashima
(chant+danse)

-Hinako Ōgami
(chant+danse)

-Yuna Imada
(chant+danse)

Ont participé à l'enregistrement :

-Yoichi
(guitare)

-Toshihiro
(basse)

-Kid'z
(batterie)

TRACKLIST

1) PROJECTION
2) DIVE INTO THE LIGHT
3) Ray
4) 4
5) Taking You Out
6) THE DAY WITH NOTHING
7) Horoscope
8) It's You
9) In the Rain
10) TRICKSTER
11) Tonight
12) WILL
13) 一か八か (bonus track)

DISCOGRAPHIE

Clarity (2019)
Strive (2020)

PassCode - Clarity
(2019) - metalcore façon J-pop électro - Label : Universal



Les Japonais ont cette capacité étonnante à former des groupes de metal avec des chanteuses habillées comme des écolières alternant passages brutaux et kawaï. Si Babymetal est le plus connu, PassCode mériterait davantage de reconnaissance. Basé sur quatre chanteuses (et danseuses) et d’un groupe de soutien, leur musique présente bien d’autres intérêts que la plastique de ses membres. Clarity est leur quatrième album (en cinq ans), le deuxième sorti sur une major façon machine de guerre. Le tout est porté par le producteur/compositeur Koji Horachi.

J’ai découvert PassCode avec le morceau "Taking You Out". Le tout démarre sur un hurlement, c’est appréciable. Les riffs s’enchaînent, portés par des claviers massifs et quelques interventions en growl. Le premier couplet est incisif, du pur metalcore bien agressif. C’est pêchu, crié avec hargne et puis… patatras. La voix claire apparaît, boostée à l’auto-tune. Les mélodies s’amoncèlent, on touche alors à la J-pop. S’ensuivent un gros riff lourd, un solo de guitare vocalisé, puis un passage façon jeu vidéo 16 bits. C’est cela PassCode : un mélange de pop, d’électro et de metalcore. On peut trouver comme description kawaï metal, pourquoi pas ? Le tout est mixé de façon complètement improbable dans des morceaux parfois déconstruits (d’autres restant très classiques dans leur structure). Si les groupes japonais sont assez nombreux à jouer sur le paradoxe agressivité contre mélodies sucrées (finalement assez répandu dans le metalcore), la musique des quatre filles d’Osaka recèle un côté prog avec ses passages façon patchwork. Outre les styles susmentionnés, on retrouve quelques passages rappés ou des influences de punk californien. Bien sûr, c’est ce qui en fait tout l’intérêt. Ce côté WTF est une richesse : l’auditeur est souvent surpris. Bizarrement, une fois l’album assimilé, il paraît moins original. Il faudra donc un peu de temps pour digérer la proposition de ce Clarity.
PassCode accroche avant tout par ses mélodies imparables. Les morceaux faibles sont rares. On peut citer "Horoscope" qui en faisant l’impasse sur l’énergie paraît bien mou à côté du reste. L’ensemble est toujours soutenu par un son énorme, tantôt par les guitares, tantôt par les synthés, toujours par une énergie folle. Les potards sont à fond. Certains passages ont un côté pop-punk boostés aux claviers ("It’s You"). Ça décoiffe ! Et c'est quand le groupe se lâche complètement qu'on en profite le plus ("Taking you out", "Tonight"). On regrettera que l’auto-tune empêche de profiter du timbre des voix des chanteuses. La présence de quatre performeuses laisse aussi dubitatif. Le côté idol du groupe n’aura pas beaucoup d’intérêt pour le fan de metal. On peine à reconnaître les différents membres lorsqu’elles prennent le micro (à part quand ça gueule, un growl de qualité par ailleurs). Les paroles sont un mix linguistique. Il n’est pas rare de voir juste une phrase en japonais au milieu d’un texte en anglais. Voire un simple mot. Curieusement, cela fonctionne bien. L’important est que ça sonne. Les tubes s’amoncellent tant les filles ont le sens de la mélodie. Les refrains sont super catchy et font mouche.


Avec son gros son et ses chanteuses/danseuses en jupes plissées, PassCode a tout de la cylindrée taillée pour se créer des fans façon idols. Le groupe avait tout aussi pour me repousser. Mais le groupe s'avère bourré de qualité et plus complexe qu’il n’y paraît. On se surprend à oublier les voix trafiquées. On regrettera juste une pochette d’album appauvrie pour le marché européen alors que l’originale était plutôt réussie. Passé cet écueil, Clarity et ses mélodies vous hanteront longtemps. Oserez-vous tenter l’aventure ?



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