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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 01 septembre 2022
Sa note : 16/20

LINE UP

-Jean-Baptiste "JB" Le Bail
(chant+guitare+basse)

-Clément "Hyrgal" Flandrois
(chœurs+guitare)

-Rémi Serafino
(batterie)

TRACKLIST

1) Geoulah
2) Les terres brûlées
3) Digitalis purpurea
4) Cavalier noir (Converge cover)
5) An Open Heart

DISCOGRAPHIE


Svart Crown - Les terres brûlées (EP)
(2022) - death metal black death - Label : Les Acteurs de l'Ombre Productions



À l’heure d’écrire ces quelques lignes, Svart Crown n’est plus. La formation a décidé de stopper ses activités. La teneur de cette chronique s’en voit forcément chamboulée. Plus que d’un simple EP, il nous faut en effet discourir sur la dernière œuvre du groupe.

Pourtant, lors de son annonce en mai 2022, ce disque a suscité un espoir certain chez les fans du quartet, devenu trio. Quelques jours seulement avant sa parution officielle en juin. Mais, la fin de ce même mois a été marquée par l’annonce officielle de la séparation. Et chaque écoute possède désormais une saveur différente. Les espérances en un futur radieux se sont transformées en de profonds regrets. Comment expliquer en effet que Svart Crown n’ait pas réussi à poursuivre son aventure ? Plusieurs raisons pourront être invoquées, parmi lesquelles la lassitude, la difficulté à se relever de l’épisode Covid-19 ou encore la récente intégration de JB Le Bail dans Igorrr. Une fois l’amertume passée, il faut bien se pencher sur les cinq morceaux qui composent Les terres brûlées. "Geoulah" qui débute les hostilités montre toute la panoplie de Svart Crown, qui n’a eu de cesse de s’affiner au fil des ans. Ambiance rampante et prenante, cassée par des passages plus brutaux, le tout avec une personnalité affirmée. Et que dire de "Les terres brûlées" et son aspect rituel qui vient clore le morceau, avec puissance et mélodies désenchantées ?
Le reste de la sortie est à l’avenant et montre toutes les qualités du groupe. La richesse de leur black death est une fois encore impressionnante. Les tempi rapides laissent souvent place à de lourdes effluves, tissant une atmosphère des plus sombres. Après tant d’années à polir leur diamant noir, les Sudistes sont devenus experts en la matière et parviennent à dépeindre un monde dans lequel l’optimisme semble absent. On notera quelques similitudes dans l’écriture avec les mythiques Immolation, notamment concernant les mélodies de guitares qui évoqueront le travail de Rob Vigna, comme sur la fin de "Digitalis Purpurea", ou encore de Gojira, comme sur leurs précédentes livraisons. Mais, inspiration ne veut pas dire simple copie et le trio parvient à s’approprier et compiler ces diverses influences pour en faire œuvre originale. Au rayon des surprises, on retrouve "Cavalier noir", reprise de "Dark Horse" de Converge, paru en 2009. Il est ici traduit en français, ce qui lui donne un charme certain. "An Open Heart" clôt de très belle manière le disque et la carrière de la formation.


Difficile de dire au revoir à un groupe que l’on connaît depuis ses débuts. En effet, mon premier contact avec Svart Crown s’est fait à la sortie de leur demo, qui déjà, laissait percevoir un grand potentiel. Malgré les bonnes sorties qui se sont depuis succédé, c’est avec tristesse et amertume qu’il faut laisser la formation se taire définitivement. Et de nourrir de profonds regrets, puisqu’au vu de son talent, Svart Crown méritait mieux. Mais les voies du succès sont impénétrables, vous le savez bien.




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