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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 12 février 2024
Sa note : 15/20

LINE UP

-Nicolas Dick
(chant+guitare+programmation)

-Marylin Tognolli
(basse)

A participé à l’enregistrement :

-François Rossi
(batterie)

TRACKLIST

1) Tout va bien se terminer
2) À la dérive
3) Le dernier train
4) Autophagie
5) Capitan
6) Cluster Headache
7) Les enfants brûlent
8) Je suis là
9) Ahan

DISCOGRAPHIE

203 Barriers (2001)
Tellurique (2005)
Autophagie (2024)

Kill The Thrill - Autophagie
(2024) - post rock indus - Label : Season Of Mist



À force d’y croire, certains événements, devenus de plus en plus improbables au fil du temps, finissent par se produire. Dix-huit ans se sont écoulés depuis la parution de Tellurique, dernier album en date de Kill The Thrill, avant que son successeur nommé Autophagie ne voie le jour. Dix-huit ans, c’est le temps qu’il avait fallu à At The Gates pour donner une suite à Slaughter of the Soul, à Morgoth pour en donner une à Feel Sorry for the Fanatic et à Black Sabbath pour faire oublier Forbidden. L’entité marseillaise revient, à son tour, partager sa douleur.

Le langage de Kill The Thrill est bien différent de celui des confrères précités. Le langage et la voix, celle de Nicolas Dick, rocailleuse, écorchée, sourde. Elle n’a pas bougé. Les paroles qu’elle jette aux cieux gris ou dans l’abîme, jadis en anglais, sont désormais exprimées en français. Il ne faut pas longtemps pour s’y habituer, car si les mots sont importants, ils sont avant tout une musique, un instrument. Le meneur de la bande, qui se réduit à la bassiste Marylin Tognolli et à lui-même, les utilise de la même manière que deux décennies auparavant. Ils émergent, hébétés, cendreux, désignés en tant que tels, dans le souffle d’une machine organique qui tisse une brume sonore d’où sourd un martèlement obstiné, bientôt rejoint par une basse et une guitare parcimonieuses. « Tout va bien se terminer ». Prémonition ironique, a priori. Mais un final puissant fait de chœurs et de violon samplés montre une lueur, là-haut, là-bas. La pâte sonore de Kill the Thrill, mélange d’impalpable et de lourdeur a été reconstituée, à l’identique.
Les morceaux progressent le plus souvent à allure modérée, à l’image de ce "Dernier Train" qu’une rythmique rock basique fait serpenter entre des collines aux ombres dévorantes, tandis qu’une guitare réglée fait entendre l’orage qui approche, gonfle et pourtant n’explosera pas. Cette rage contenue jusqu’au point de rupture, qui déforme la voix jusqu’au grondement, comme sur "Cluster Headache", se matérialise sur la plupart des pistes par une tension latente, feu couvant sous la glace à l’image de "Capitan", "Les Enfants Brûlent" et ses percussions tardives ou encore "Je suis là" au refrain libératoire. La chanson-titre, portée par un motif qui suinte la tristesse et la rancœur de ceux qui sont condamnés à rester spectateurs, suit le même schéma. Timide mais notable exception, "À la dérive", occurrence la plus alerte, est propulsée à la faveur d’une variation inhabituelle dans une sphère où la fierté, contredisant les paroles, transcende la fatalité. "Ahan", final apaisé, se dissout quant à lui dans l’haleine mécanique d’un respirateur artificiel, trame sur laquelle une voix féminine philosophe en russe. « Combien de fois a‐t‐on besoin d’inspirer et d’expirer dans une vie ? » demande-t-elle avant un ultime jaillissement de lumière blanche.


Surgi des limbes, ressuscité de l’oubli, Kill The Thrill revient tel qu’il était avant sa disparition, insaisissable et grave, sensible et froid, rêche et flambant. Chaque composition est un mur du son inlassablement reconstruit, moins épais que par le passé, laissant filtrer les doutes qui viennent s’y cogner. La musique, métallique et organique tout à la fois, reste sombre et pourtant, l’espoir, ténu, bousculé, foulé dans la boue, éclot au cœur des plus hautes déferlantes, confirmant que Kill the Thrill est une expression à part.





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