20127

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 25 février 2026
Sa note : 16/20

LINE UP

-Jeremy "Jaz" Coleman
(chant+claviers)

-Matthew Paul Ferguson
(chœurs+batterie)

-Kevin "Geordie" Walker –
(guitare)

-Martin "Youth" Glover
(basse)

TRACKLIST

1) Requiem
2) Wardance
3) Tomorrow's Blood
4) Bloodsport
5) The Wait
6) Complications
7) S.O. 36
8) Primitive

DISCOGRAPHIE

Killing Joke (1980)
Absolute Dissent (2010)
MMXII (2012)

Killing Joke - Killing Joke
(1980) - punk indus post-punk, new wave - Label : E.G. Records



1980, c’était il y a longtemps, même pour la scène post-punk qui, pourtant, ne date pas d’hier - contrairement à son appellation. Le 5 octobre de cette année-là, au moment de la parution de Killing Joke, les acquis de ce genre musical sont encore faibles. The Cure vient de se trouver avec Seventeen Seconds, son deuxième album. Joy Division a sorti son joyau, Closer, et Ian Curtis s’est donné la mort. Bauhaus est sur le point de nous offrir le mythique In the Flat Field. Peu d’albums, donc, mais ces derniers définissent pleinement le genre. Et, par contraste, définissent les Killing Joke comme les vilains petits canards. Les plus radicaux et les moins radicaux de la bande…

…selon ce que l’on veut mettre derrière le terme « radical ». Si l’on se réfère à la violence sonore, alors Killing Joke est, et de très loin, l’album le plus radical des débuts de la scène post-punk. Dans le cas de Jaz et ses potes, vous pouvez vous concentrer sur le second terme, et mettre le préfixe « post » un peu en retrait. La prédominance de la basse, le caractère austère, sobre et gris de l’ensemble rattachent clairement Killing Joke à cette scène, mais la formation fait la part belle aux guitares au son éraillé, tandis que Jaz, vindicatif dans son approche vocale, chante le malheur du monde extérieur, là où les autres groupes privilégient des thématiques d’introversion. À ce titre, "Wardance" et ses chœurs typiquement punk rappellent à la fois The Exploited et The Clash, et l’on peut également ranger "Complications" ou "Primitive" sous la bannière à crête. Néanmoins, en excellents amalgameurs de courants musicaux, les artistes britanniques ajoutent des éléments industriels à leurs compositions.
Les rythmiques entendues sur ce premier album sont souvent répétitives et très marquées, volontiers accompagnées d’arrangements « synthétiques » et ce, dès "Requiem". Cet aspect mécanique, très froid, est développé sur "S.O. 36", lent, quasiment hypnotique, et sur un "Tomorrow’s World" fort lourd. Quant à "The Wait", repris par Metallica pour leur EP The $5.98 EP - Garage Days Re-Revisited, on pourrait qualifier son énergie de punk industriel, tant la chanson cristallise les deux caractéristiques les plus radicales de Killing Joke. C’est pourtant ce syncrétisme musical, prôné par la bande à Jaz qui fait également d’eux le groupe le moins extrême de sa génération. Tournés vers l’extérieur, alors que leurs collègues à cheveux ébouriffés ont tendance à ne vivre qu’intérieurement, les Killing Joke possèdent deux caractéristiques qui, combinées, les rendent spéciaux. D’une part, ils aiment toucher à tout. Outre les influences punk et industrielles évoquées ci-dessus, les musiciens s’essayent également à la new-wave, le temps de l’instrumental "Blood Sport" à la basse groovy-funky, assez typique de ce genre en vogue au début des eighties. Le groupe n’aura d’ailleurs de cesse d’évoluer - sans se renier non plus - tout au long de leur belle carrière.
D’autre part, même si Killing Joke n’est pas un modèle de gaité, il n’y a pas besoin d’avoir teint ses lèvres en noir pour apprécier la musique qu’on y entend. Là où les œuvres de Joy Division et Bauhaus sont réservées à un sombre public disposé à plonger dans un univers extrêmement minimaliste et désespéré - et romantique, contrairement à ce que propose Killing Joke -, les natifs de Notting Hill proposent, eux, un mélange musical, certes froid et âpre, mais globalement très accessible à tout amateur de musique saturée. En ce sens, ce premier album nous conte déjà par le menu détail ce que le groupe sera et ce qu’il ne sera pas. Résolument moderne pour l’époque, voire audacieux, ce premier opus ne propose que de très bons titres. Aucun ne nous fera totalement chavirer de bonheur, - et les titres d’obédience indus auraient gagné a être plus fluides dans leur expression rythmique - mais tous s’écoutent avec très grand plaisir. Les bases sont posées, il ne reste plus à Killing Joke qu'à dérouler sa créativité au fil des décennies.


Une œuvre pleine de belles promesses, qui a dû en surprendre plus d’un à sa sortie. Avec son premier album éponyme, Killing Joke se définit déjà comme une formation adogmatique, n’hésitant pas à mélanger les genres pour sonner agressifs, crus - côté punk oblige - mais également limpides et accessibles dans leurs mélodies. Le début d’une longue histoire.



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