20177

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 24 avril 2026
Sa note : 18/20

LINE UP

-Ralph "R" Schmidt
(chant+guitare)

-Chris "C" Noir
(chant+basse)

-Lars "L" Ennsen
(guitare)

-Timm "T" Maximilian
(programmation)

-Manuel "M" Schaub
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Pardis Latifi
(chant)

TRACKLIST

1) The Unseen World
2) Love as We're Falling Down
3) Her Still Singing Limbs
4) What's Yours Is Yours to Carry
5) Hex Upon Our Heads
6) Sister Faith & Sister Chance
7) Cherry Knots (The Sun Shines Through You)
8) Pink Lights Soiling to Copper
9) The Quiet Current
10) To Part the Abelia Springs

DISCOGRAPHIE


Ultha - A Light So Dim
(2026) - black metal gothique post-metal - Label : Vendetta Records



« Pourquoi me dire ces paroles amères,
Pourquoi tu me parles
Et tu me tourmentes le cœur ?
»
Des paroles bien gothic-doom n’est-ce pas ? Elles sont tirées d’une vieille chanson napolitaine, nommée "Core ‘ngrato"*, mais conviendraient parfaitement à un album de Virgin Black par exemple. Et pourtant, le groupe ayant eu la bonne idée d’intégrer un extrait de cette chanson ne provient pas de cette scène-là. Enfin pas encore…


Parce qu’à la vitesse où vont les choses, Ultha pourrait, un jour peut-être, finir par pleurer sous fond de guitares pesantes, de lamentations et de chant féminin… Pour les deux premiers points, il ne s’agit encore que de fiction, mais pour le dernier, en revanche, c’est chose faite, avec le sublime "What’s Yours is Yours to Carry". En réalité, qu’une femme chante chez Ultha n’est pas une nouveauté puisque Rachel Davis tenait le micro avec brio sur "Mirrors in a Black Room" - quel chic pour trouver de superbes noms de chansons, quand même ! - tiré de l’excellent Converging Sins. Mais le contexte est différent. En 2016, le titre mentionné ci-dessus n’est qu’une splendide facétie sur un album très sombre, brut et résolument black metal. Dix ans plus tard, le troisième titre de A Light So Dim, présenté au monde sans la fatigante succession préliminaire de teasers à laquelle j’ai toujours du mal à m’accoutumer, n’est que le fruit logique de la volonté du groupe de clarifier sa musique et varier son propos.
Si jusqu’à présent, la musique des Allemands se caractérisaient par une certaine férocité et un côté presque monolithique, je ne suis pourtant pas étonné outre-mesure qu’Ultha se joigne au club des artistes délaissant un tant soit peu les blast beats alignés pendant des heures pour s’aventurer sur d’autre chemin. All That Has Never Been True s’avérait très agressif mais proposait quelque chose de plus propre qu’à l’accoutumée. Si l’on ajoute à ça le fait que le groupe a toujours su introduire de belles plages atmosphériques dans ses albums et que le quintet est un fin connaisseur de la chose gothique - comment expliquer, sinon, la qualité de leur reprise de "Vet For The Insane" de Fields of the Nephilim sur Forget Everything and Remember ? - on ne peut pas totalement tomber de sa chaise à l’écoute de leur cinquième album. Que la formation teutonne nous fasse tour à tour penser à Messa avec "What’s Yours is Yours to Carry" ou au côté percussif de Neurosis époque Enemy of the Sun sur "Her Still Singing Limbs" et "Sister Faith & Sister Chance" ne me surprend pas plus que ça. En revanche que l’album soit d’une telle qualité me touche, à tel point que je les suivrais presque sur leur mouvement le plus osé, à savoir l’introduction d’une chanson chantée intégralement en chant clair, chanson s'avérant… doucereuse, oui, doucereuse, n’ayons pas peur des mots.
"The Quiet Current" va trop loin, mais le ton mal assuré du couple de vocalistes rend l’ensemble fragile et touchant. Côté moments calmes, je préfère néanmoins le fabuleux "Cherry Knots" et ses six minutes d’atmosphère désespérée, où les quelques notes de piano font mouche. Et, en ce qui concerne les moments de furie black - car, oui, il y en a tout de même ! - "Hex Upon Our Heads" et surtout l’immense "Pink Lights Soiling to Copper" et ses claviers démoniaques me semblent un peu au-dessus du lot, mais tous les titres, absolument tous, contribuent à créer une douloureuse ambiance de résignation, où la poésie est à chercher sous la couche de crasse d'un monde dystopique, poésie aussi présente dans la froideur de "What’s Yours Is Yours to Carry", ou dans le black metal plus prévisible d’un "To Part the Abelia Springs", clôturant de manière impeccable une œuvre qui dégoutera les tenants de l'Ultha implacable et ravira ceux ne crachant pas sur des expérimentations, surtout quand elles possèdent cette qualité-là !


Ultha dilue son agressivité dans un grand verre d’amertume pour nous offrir une œuvre enivrante. La diversité de cette cinquième œuvre contraste avec le côté beaucoup plus homogène des albums précédents mais l’ensemble reste uni par une forme de poésie désespérée qui me touche énormément. Un grand merci à eux.

*Un grand merci également au groupe pour avoir eu la gentillesse de m'indiquer de quelle chanson était tiré l'extrait entendu à la fin de "What’s Yours Is Yours to Carry"





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