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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juillet 2026
Sa note : 14/20

LINE UP

-Jørn Marumsrud "Johnny" Lande
(chant)

-Bernard John "Bernie" Marsden
(guitare)

-Michael Joseph "Micky" Moody
(guitare)

-Dag Stokke
(claviers)

-Øystein "Sid" Ringsby
(basse)

-Willy Ragnar Bendiksen
(batterie)

TRACKLIST

1) Labour Of Love
2) Can't Go Back
3) What Love Can Do
4) Real Faith
5) The Dancer (The Liar)
6) Gonna Find The Sun
7) Little Miss Happiness
8) Bring Yo' Good Self Home
9) Showdown
10) Sacrificial Feelings
11) Tough Love
12) All Dressed Up (bonus)
13) September Tears (bonus)

DISCOGRAPHIE


The Snakes - Once Bitten...



Poussés vers la sortie quand Whitesnake a commencé sa mue nord-américaine au milieu des années quatre-vingt, les guitaristes Bernie Marsden et Micky Moody déroulent leur carrière loin des paillettes d’Hollywood. Unissant leurs forces dans un projet commun qui leur permet de tourner en Europe et sortir un album, les Britanniques fondent ensuite The Snakes, au départ dans l’objectif de jouer des reprises du Serpent Blanc. Ils recrutent pour l’occasion des musiciens norvégiens et à partir de là, l’affaire prend une autre tournure.

Pas une seule cover ne figure sur Once Bitten…, le long format de The Snakes paru à l’été 1998. Enfin, si, une : "Real Faith", issu du LP homonyme du Moody Marsden Band publié quatre ans plus tôt. Proche de "Ain’t Gonna Cry No More" de Whitesnake, la chanson navigue majoritairement sur des arpèges acoustiques, sans bénéficier de l’effet de contraste qui dynamise son modèle. Mais ce qui retient l’attention sur cette version, comme depuis le début de l’enregistrement, c’est le chant. Ces médiums veloutés, ces intonations soul, ces reprises de respiration suggestives : aucun doute possible, David Coverdale est dans la place. Sous pseudo ? Le choix est étrange - quitte à enregistrer des chutes de studio du Whitesnake bluesy des origines, autant le faire sous son vrai nom. Et renoncer aux puissantes maisons de disque pour faire son modeste sur un label local même pas américain, non, ça ne ressemble pas à David Coverdale. Et pour cause.
Jørn « Johnny » Lande est une personne à part entière, et un imitateur hors pair du leader de Whitesnake. L’ex-Vagabond offre ses capacités hallucinantes au service de compositions qui évoquent plus que fortement les années hard blues du Serpent Blanc. Les couplets aguicheurs, la modulation quasi systématique qui lance un refrain travaillé, le solo fervent qu’on croirait échappé d’un rade du bayou : tout y est. Les énergiques "Labour Of Love" et "Can't Go Back" lancent les réjouissances d’agréable manière avant que la semi-ballade "What Love Can Do" achève de planter le décor. À l’instar de "The Dancer (The Liar)", certaines occurrences décontractées font baisser la tension - "Sacrificial Feelings" ainsi que les ballades "September Tears" et surtout "Showdown", titre signé Lande, le seul pour lequel la paire Moody-Marsden n’est pas créditée. Le chanteur nordique roucoule avec conviction, soutenu par une chorale melliflue, et semble s’en contenter.
Pas de grandes envolées et globalement, les moments saillants manquent à l’appel. Quelques séquences chopent l’oreille néanmoins, du gimmick malin de "Bring Yo' Good Self Home" au refrain pour une fois marquant de "All Dressed Up". Les tempos soutenus de "Little Miss Happiness", de "Tough Love" et plus encore "Gonna Find The Sun" – pas le temps pour un solo - contribuent à la bonne tenue générale, essentiellement pour l’énergie qu’ils véhiculent. Car si guitares et voix sont réjouissantes quant à l’interprétation, l’inspiration reste d’un niveau honorable mais sans renouer tout à fait avec la virtuosité de la triplette Lovehunter - Ready an' Willing Come An’ Get It. De plus, la production assez froide invisibilise les claviers, prépondérants dans le son chaleureux du Whitesnake originel et ne permet pas à la section rythmique d’apporter toute la dose de groove attendue.


Bluffant est le mot qui vient naturellement à l’esprit à l’écoute de Once Bitten…. Marsden, Moody et leur personnel scandinave y reprennent tous les codes du Whitesnake blues et soul première mouture, jusqu’au chant, que Jørn Lande incarne avec un tel mimétisme qu’il fait croire que David Coverdale a participé à l’expérience. Plus dynamique que Restless Heart, la réalisation plan-plan que ce dernier a livrée un an auparavant, le recueil de The Snakes n’atteint pas cependant la magie des œuvres majeures du groupe référence. Sans doute parce que celles-si relevaient d’une osmose rendue impossible en l’absence de son membre principal. Aussi doué soit son remplaçant.



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