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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Fenriz
(batterie)

-Nocturno Culto
(guitare+chant+basse)


TRACKLIST

1) En Vind Av Sorg
2) Triumphant Gleam
3) The Hordes Of Nebulah
4) Hans Siste Vinter
5) Beholding The Throne Of Might
6) Quintessence
7) Snø Og Granskog (Utferd)

DISCOGRAPHIE


Darkthrone - Panzerfaust
(1995) - black metal - Label : Moonfog Productions



Le premier album post mise en underground involontaire. Ben oui, Darkthrone avec ses propos jugés antisémites (en fait une simple expression norvégienne mal traduite) lors de la sortie du ô combien mythique Transilvanian Hunger a été mis en quarantaine et écarté de la scène. Donc de pas connu, le groupe est devenu ultra pas connu. Enfin ça n’a fait que rajouter à sa légende. L’album pour sa part rompt pas mal avec Transilvanian Hunger. Tout d’abord il paraît que les influences Celtic Frost sont très présentes (je ne peux confirmer, n’étant pas un grand connaisseur de Celtic Frost). Et ce dont je suis sûr, c’est que Darkthrone retrouve une variété dans les riffs qu’il avait abandonné pour son précédent opus.

En effet, là où Transilvanian Hunger martelait encore et encore le même riff pendant six minutes, avec une batterie se livrant à un blast beat presque permanent, quasiment sans variation de tempo ni break, Panzerfaust propose une plus grande diversité. Les changements de rythme sont nombreux, et les riffs, bien qu’ils soient toujours très répétitifs, changent de temps à autre. Par contre Darkthrone s’il lève le pied et l’extrémisme ultime reste quand même une bête obscure qui s’obstine à sous-enregistrer ses albums et qui décoche des riffs réellement cradingues avec cette fameuse batterie qui plus qu’un accompagnement, renforce cette aspect sans vie de leur musique.
Ainsi "The Hordes of Nebulah" sur un rythme pachydermique vous fait souffrir tout autant qu’une "Transilvanian Hunger" (la chanson, pas l’album) dans un style tout à fait différent. L’atmosphère devient étouffante, écrasante et il est difficile d’entrevoir une bouffée d’air frais. Darkthrone montre, si besoin était, qu’il est à l’aise avec tous les rythmes et qu’il sait distiller des ambiances mortuaires aussi bien en agressant l’auditeur avec violence qu’en l’étouffant lentement de ses propres mains.
"En Vind Av Sorg", chanson d’ouverture est elle plus virulente, donc plus proche de l’esprit de Transilvanian Hunger, mais elle possède toujours plus de variations rythmiques. Et surtout elle renferme en son sein un magnifique riff. Du black pur jus, appellation d’origine contrôlée. Dans le domaine rapidité d’exécution "Hans Siste Vinter" est pas mal non plus, tout en se rapprochant de "En Vind Av Sorg". Une chanson encore portée par un riff apocalyptique.
Attardons-nous un peu sur le son puisque c’est une composante essentielle chez Darkthrone. Celui-ci est, je trouve, encore pire que celui de Transilvanian Hunger dans le sens où il me paraît moins bien produit encore. C’est surtout la batterie qui me fait dire ça car elle me rappelle le son des démos de 87-88. Enfin, passé ce stade de la surprise, la production se révèle une nouvelle fois démoniaque car elle souligne et rehausse le côté suffocant des pistes les plus lentes. Le chant quant à lui est assez étrange. Ce n’est plus du raclage de gorge à proprement parler. Il se rapproche d’un death mixé avec du black, rien à voir avec celui de Transilvanian Hunger. Cela ne l’empêche d’aller encore parfaitement de paire avec la production, tout étant à mes oreilles plus thrash (tHrash hein !), d’où sûrement le côté Celtic Frost, groupe culte de black, mais d’après ce que j’en ai écouté lorgnant pas mal sur le thrash/heavy.
Un petit mot sur "Quintessence", pénultième chanson et considérée par un nombre assez important de fans comme l’une, sinon la, des meilleures chansons de Darkthrone. Elle fait aussi dans le très lourd, lent, écrasant, étouffante. Un riff sorti tout droit des bouches de l’enfer et qui sera votre seul compagnon de route vers la mort. Telle est la sensation qu’il procure. Il est répété tout le long du requiem, avec une petite pause pour laisser se plaindre Nocturno Culto seul avec la batterie de Fenriz et repartir sur le même rythme pour conclure l’oraison funèbre et ses 7 min. Un sacré moment d’émotion brute. A noter que la conclusion de ce disque est une assez déroutante utilisation de trompette (enfin d’un instrument de ce genre mis sur clavier sûrement) avec la seule batterie et des paroles récitées. Inquiétant.


Vous l’aurez compris, ce n’est pas cet album qui prouvera que Darkthrone peut s’abaisser au rang des faibles humains. Nocturno Culto et Fenriz élargissent le spectre de leur black metal tout en restant fidèle à leur ligne de conduite. Une incontestable réussite (encore) qui ne peut être ternie que par une difficulté d’accès. Désolé de ne pas savoir être objectif avec ce groupe, mais franchement, je ne vois pas de défaut important à cette galette.


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