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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Keil
(chant)

-Rolf Stein
(guitare)

-Mark Kaye
(guitare+choeurs)

-Björn Eklund
(guitare+basse)

-Gordon "The Machine" Perkins
(batterie)

TRACKLIST

1) A Question of Trust
2) The Principle of Doubt
3) Once I Believed
4) Ever Since Time Began
5) Curse of Reality
6) Twilight Zone (Lord Fouls Hort)
7) Shades of Doom
8) The Jester
9) El Colibri
10) No Friend of Mine





DISCOGRAPHIE


Mekong Delta - The Principle of Doubt



Pas toujours évident de trouver sa place… Quand on n’a pas une grande gueule et que l’on nait coincé entre deux frères qui présentent bien, percer n’est pas évident. Chez les Mekong Delta, comme dans toutes les familles nombreuses, la lutte pour la reconnaissance fait rage (pas Rage, juste rage, blagueurs).

The Music of Erich Zann? Du techno-thrash cthulhien, un poil compliqué, mais pas trop. Accrocheur, bien foutu. La classe. Dances of Death ? Le summum de la discographie de Mekong Delta ! L’album sorti entre ces deux monstres… Parce que le groupe a sorti un album entre temps, oui ! Il a même un nom, figurez-vous : The Principle of Doubt. Son problème : il est beaucoup plus lisse et prog que son prédécesseur et n’intègre qu’un tout petit colibri en guise de pièce classique, contrairement à son successeur, Moussorgskien jusqu’à la moelle. Librement inspiré de la trilogie The Chronicles of Thomas Covenant, the Unbeliever (c’est pas moi qui le dis, vous pensez bien), le troisième album des Germains se la joue élitiste. Pas de mélodies faciles à retenir. Une virtuosité confinant au technicisme. De la compo, alambiquée, chiadée, même. Je dois avouer qu’il ne m’avait laissé, à l’époque, qu’une impression mitigée. Pas assez de bling-bling ! On veut du clinquant ! Après une petite trentaine d’années de poussière et de carton, je ressors le CD et me prends une claque.
C’est qu’il est sacrément bon, ce vilain petit canard. Lisse ? Non, ho-mo-gène ! Trop compliqué ? De nos jours, on a fait tellement plus biscornu ! Non, ce Principle of Doubt enchaîne bonne composition sur bonne composition. Pas de hit, mais aucun filler. Et puis cette atmosphère… Comment la définir ? Moins Lovecraftienne que sur The Music Erich Zann, mais tout aussi inquiétante. Les plaintes de Keil sont portées par des mélopées densifiées d’une bonne dose de mystère. Quand l’orientalisant "
Curse of Reality" laisse la place à une nouvelle version de la "Twilight Zone", il est facile de se sentir désorienté. Où sommes-nous exactement ? Ni le caractère répétitif du leitmotiv de "Shades of Doom", ni la quasi-ballade torturée "The Jester" ne permettent de lever le voile. The Principle of Doubt se complait à nous promener dans un labyrinthe musical dont on ne sort jamais.

Un jardin aux sentiers qui bifurquent. The Principle of Doubt est un album secret qui happe l’amateur de (thrash-)metal progressif sans esbroufe et le condamne à une écoute sans fin. Parce que si j’ai subitement décidé de ressortir l’album du carton où il dormait… La malédiction du pharaon. La 5G et les Illuminati vaccinateurs. Nous sachions.




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