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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 12 octobre 2022
Sa note : 16/20

LINE UP

-John Connelly
(chant+guitare)

-Anthony Bramante
(guitare)

-Daniel A. "Dan" Lilker
(basse)

-Glenn Evans
(batterie)

TRACKLIST

1) Live, Suffer Die
2) Sin
3) Cold Steel
4) Betrayal
5) Radiation Sickness
6) Hang the Pope
7) After the Holocaust
8) Mr. Softee Theme
9) Stranded in Hell
10) Nuclear War
11) My America
12) Vengeance
13) Brain Death

DISCOGRAPHIE


Nuclear Assault - Game Over
(1986) - thrash metal - Label : Combat Records



Dire que 1986 a vu la naissance de quelques jolis bébés relève de l’euphémisme.
« On l’a appelé Masters, il est mignon hein ? »
« C’est un garçon ! Quelle joie ! On va le prénommer "Angel of Death" ! Comme mon grand-père ! »
«-"Pleasure to Kill" !  Oui mon bébé ! Quelle jolie voix, mon amour ! »
Metallica, Slayer et Kreator affirment, chacun à leur manière, leur statut, et engendrent une tripotée de suiveurs. Megadeth connait son petit succès également.


Néanmoins, tous les groupes n’acquièrent pas la même notoriété. Pour certains, c’est normal, et heureux. Pour d’autres, c’est dommage. Dans la planète thrash metal du milieu des eighties, deux groupes possèdent une identité propre extrêmement forte mais n’arrivent pas à faire école. Le premier, Voivod, s’est rattrapé depuis, grâce à Supuration, notamment. Le second, Nuclear Assault, en revanche, n’a pas trouvé de disciple digne de ce nom. Et pourtant, ce Game Over est une pépite. Qu’est-ce qui a empêché le groupe d’atteindre autre chose qu’un succès d’estime ? À mon avis, c’est le mélange unique et improbable d’un thrash très brut, limite hardcore - cf. "Vengeance" - au son aigrelet et d’envolées mélodiques plus explicitement metal. Le fait est que le groupe est capable à la fois de pondre un titre mega-brut, bas du front, de moins d’une minute aux paroles extraordinairement raffinées –"Hang the Pope"- et composer un titre d’anthologie comme "Brain Death".
Le chant, également, n’a pas dû aider. Les talents de John au micro son limités. En clair : il chante faux, "Betrayal", pourtant excellent, en est la preuve. Ça a dû en rebuter certains, même s’il est dur d’imaginer un autre chanteur au micro, tant sa griffe vocale correspond au groupe. Bref, Nuclear Assault a dû vivre la vie d’un groupe de deuxième catégorie. Au vu de ce Game Over, il y avait moyen d’écrire une autre histoire. L’espèce de douceur nerveuse dont le groupe fait preuve dans ses mélodies, entre deux accès de furie, méritait un autre sort. Alors, ce premier travail n’est pas parfait. Outre les intermèdes gags inutiles, on note parfois une certaine maladresse dans l’enchaînement des plans. Mais franchement des compositions comme "Sin", "Radiation Sickness" et son « Die! Slow! Death! » entêtant, l’incisif "Cold Steel" ou "Brain Death", donc, leur meilleur titre, se classent bien haut dans le top des meilleurs morceaux de thrash. "Stranded in Hell" est plus prévisible mais son refrain accrocheur aurait pu être repris en chœur par davantage de metalheads. Le monde est mal fait, ma bonne dame.


Rien que pour "Brain Death", son intro thrash classique, son développement ultra nerveux et mélodique, et sa fin brusquissime, tout amateur de thrash doit découvrir ce Game Over riche, fébrile, construit dans l’urgence. Nuclear Assault fait partie des meubles, bien autant que d’autres.



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