20222

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 07 juin 2026
Sa note : 17/20

LINE UP

-Jeremy "Jaz" Coleman
(chant)

-Kevin "Geordie" Walker
(guitare)

-Paul Vincent Raven
(basse)

-Paul Ferguson
(batterie)

TRACKLIST

1) The Gathering
2) Fun and Games
3) Rejuvenation
4) Frenzy
5) Harlequin
6) Feast of Blaze
7) Song and Dance
8) Dominator
9) Let's All Go (To the Fire Dances)
10) Lust Almighty
11) Me or You? (bonus track)
12) Wilful Days (bonus track)
13) Dominator (alternate version - bonus track)
14) The Gathering (original version - bonus track)
15) Dominator (John Peel Session - bonus track)
16) Frenzy(John Peel Session - bonus track)
17) Wilful Days (John Peel Session - bonus track)
18) Harlequin (John Peel Session - bonus track)

DISCOGRAPHIE


Killing Joke - Fire Dances
(1983) - gothique indus post-punk - Label : Polydor E.G. Records



Ami lecteur, voici venu le temps d’une nouvelle devinette. En jeu, cette fois, ma collection des live de Bathory, numérotés à la main par Quorthon lui-même. Quel est le point commun entre Marty Feldman (l’acteur, le guitariste, c’est Friedman), Janus (avec un J) et Fire Dances ? Si vous êtes vieux et regardiez les films de série Z dans votre jeunesse, c’est facile. Si vous êtes versés dans la symbologie, également. Et si vous connaissez votre Killing Joke sur le bout des doigts, aussi.

Allez, pour les jeunes non épris d'ésotérisme et découvrant Killing Joke, voici tout de suite la réponse : les trois sont capables de regarder dans deux directions à la fois. Pour les deux premiers, il suffit de les voir pour s’en convaincre. Quant au quatrième album des Londoniens, je pense qu’il suffit de quelques écoutes pour comprendre en quoi Fire Dances est à la fois focus sur le passé et le futur. Mais comme les plateformes de streaming vous inondent de plein de musique à écouter et que vous n'avez sans doute pas de temps à perdre avec des vieilleries, voici un petit développement de mon argument initial. Même si les réminiscences du premier album se limitent, à mon avis, à la recherche d’une certaine clarté musicale, ainsi qu’à une diversification de la musique proposée, on peut affirmer sans trop de risques qu’avec Fire Dances, Killing Joke n’explore plus de nouveaux horizons mais synthétise les remarquables propositions musicales développées sur les trois albums précédents. Comme exposé précédemment, la ressemblance avec l’album Killing Joke s’avère donc relativement ténue, mais tout de même réelle. En revanche, le côté hypnotique tendance monomaniaque de What’s THIS For…! ainsi que l’aspect dissonant de Revelations sont, eux, bien présents. Les excellents "The Gathering" - sans Anneke, en 1983 c'est encore une enfant, voyons ! - et "Feast of Blaze", aux rythmes industriels typiques du groupe, auraient très bien pu figurer sur le deuxième album de la bande à Jaz.
Quant aux grincements guitaristiques des fantastiques "Fun and Games"  et "Rejuvenation", ils renvoient clairement à Revelations, tout comme le chant à l’ouest de Jaz sur "Frenzy". Cependant, si Night Time est un album plus facile à avaler que Fire Dances, la recherche de sonorités accrocheuses, voire faciles, sonne comme une préfiguration de l’album le plus populaire de Killing Joke. Cette facilité d’accès  s’avère en général payante sur des titres comme "The Gathering", à chanter à tue-tête, ou, dans une moindre mesure, sur "Let’s All Go", relativement accrocheuse. En revanche, l’ouverture proposée par le groupe mainstream va trop loin sur un titre comme "Me or You?", assez fade… et absent de la première version de l’album. L’inclusion de nouveau matériel date de 2008 n’apporte globalement pas grand-chose, excepté "Wilful Days", qui a motivé mon choix de chroniquer la réédition plutôt que l'original. Ce dernier titre possède une lourdeur quasi metal et peut être vu comme le premier essai du groupe dans le style metal indus qu’il développera par la suite. "Me or You?" mis à part, les titres faibles ne sont pas légion. On pourra juste reprocher à "Harlequin" et "Lust Almighty" d’être un peu trop tortueux pour ce qu’ils ont à proposer. Les satisfactions, elles, sont nombreuses, et outre tous les excellents titres déjà cités, impossible de ne pas citer l’incroyable "Dominator", sa basse groovy et son côté dansant assez uniques. Un titre qui fait presque figure d’OVNI sur l’album, un peu à la manière de "Love Like Blood" sur Night Time, mais ça, c’est une autre histoire…


Fire Dances est une belle réussite. Avec son mélange d’agressivité accessible, de dissonance contrôlée et de chansons à reprendre en chœur, le quatrième opus des Killing Joke clôt de manière brillante la première époque musicale d’un groupe qui fera encore parler de lui par la suite. En bien, évidemment.



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