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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 08 octobre 2026
Sa note : 14/20

LINE UP

-Ann-Sofie Astrid Hoyles
(chant)

-John Gunnar Hoyles
(chant+guitare)

-Rickard Hellgren
(chœurs+guitare)

-Alexander "Alex" Mayr
(chœurs+basse)

-Per Oskar Brindmark
(chœurs+batterie)

Ont participé à l’enregistrement :

-Katja Sofia Andrietta Ahlsell
(chœurs)

-Åke Karl Kalle Gustafsson Jerneholm
(chœurs)

-Max Hessman
(claviers)

TRACKLIST

1) Creature Of The Night
2) Flying Too High
3) Quit You
4) Do You Think About Me
5) (Doomed To A) Life Of Misery
6) Heart Of Stone
7) Crystal Eyes
8) Playing With Fire
9) Loser
10) A Little Too Late

DISCOGRAPHIE


Spiders - Crystal Eyes
(2026) - rock hard rock - Label : Wild Kingdom



Alors que l’entame de la précédente chronique consacrée à Spiders visait les délais de parution de plus en plus longs des albums de la formation suédoise, voilà que celle-ci sort son cinquième LP, un an et demi seulement après son prédécesseur, l’agréable mais pas très bien nommé Sharp Objects. On aimerait croire à l’influence déterminante de ce webzine dans l’apparition précoce du recueil, cependant la lucidité pousse à se concentrer sur ce qui importe le plus : la musique offerte par la troupe suédoise.

Une livraison rapprochée signifie souvent un enregistrement à part - recueil de reprises, captation d’un concert, remix electro-cosmiques, et autres joyeusetés. Intitulée de deux mots, à l’instar des réalisations antérieures, Crystal Eyes n’est pas une compilation de vieilles démos exhumées de la cave du couple Hoyles. Le riff hard rock vigoureux décoché en amorce par John et le timbre légèrement voilé d’Ann-Sofie mis en valeur par une production limpide et chaleureuse rassurent immédiatement : le millésime 2026 sera « normal ». Plus exactement dans la continuité de Sharp Objects, caractérisé par son caractère multi-directionnel.
Le hard rock surgi des seventies qui joue la menace avant de cajoler ? "Creature of the Night" en ouverture dynamique fait le job. Moins véloces, d’autres occurrences maintiennent toutefois le lien avec les débuts énergiques de la troupe - l’alerte "Do You Think About Me", "Heart Of Stone" lancée par un riff épileptique façon "Wild and Free" de Art of Illusion (ou "Won't Get Fooled Again" de The Who) et dotée d’un solo consistant, rareté partagée avec "Playing With Fire", qui s’achève, une fois n’est pas coutume par une envolée épique à la six-cordes. Le canevas des morceaux ne réserve guère de surprise – ici c’est Spiders, pas Spidergawd. La majorité des pistes se terminent sur la répétition d’un refrain généralement soigné, de manière évidente sur les deux ballades - "A Little Too Late" en mode country et "(Doomed To A) Life Of Misery" chantées à deux voix façon Jude et Johnny Cash (ou Sonny et Cher) avec violons et cloches sixties.
Autre créneau investi par le quintet, le mid tempo faussement décontracté - "Loser" sur lequel Ann-Sofie prend des accents à la Janis Joplin et le groove à synthés de la chanson-titre flirtant avec le disco. Et puis il y a les imitations assez bluffantes de Debbie Harry auxquelles la Gothembourgeoise s’adonne avec une évidente gourmandise. Sur "Quit You" la formation se fait sa propre version d’"Atomic", citant au passage "Kick it Out" de Heart et convoquant les chœurs de "Sympathy for the Devil", tandis que "Flying Too High" donne l’impression d’écouter un inédit de Blondie époque Parallel Lines, le petit clavier aigrelet en soutien du refrain en atteste. En revanche, la frappe de bison vivifiante de Clem Burke manque à l’appel. Un peu de personnalité, aussi.


Poursuivant l’allègement et la diversification de leur rock vintage, le couple Hoyles et son personnel en partie renouvelé semblent s’être bien amusés sur Crystal Eyes. Soignées mais dénuées de surprise, valorisées par un son chatoyant, les chansons forment un ensemble à la fois varié et cohérent, en hommage parfois très appuyé à de nombreuses figures tutélaires. Aussi plaisantes soient-elles, les interpolations de plus en plus flagrantes interrogent sur l’identité d’un groupe qui flirte désormais avec le pastiche, ce qu’il avait évité jusque là.



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