20232

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 juin 2026
Sa note : 6/20

LINE UP

-Klaus Willi Meine
(chant)

-Rudolf Schenker
(guitare)

-Matthias Jabs
(guitare)

-Ralph Rieckermann
(basse)

-James Kottak
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Hermann Josef "Herman Rarebell" Erbel
(chœurs sur 5)

-Deborah Christine "Siedah" Garrett
(chœurs sur 7)

-Lynn Blythe Davis
(chœurs sur 7)

-James Edward Ingram
(chœurs sur 7)

-Phil Perry
(chœurs sur 7)

-Kevin Dorsey
(chœurs sur 7)

-Michelle Diane Wolf
(chœurs sur 8)

-Mick Jones
(guitare sur 4)

-Peter Wolf
(claviers sur 14)

TRACKLIST

1) Mysterious
2) To Be No. 1
3) Obsession
4) 10 Light Years Away
5) Mind Like a Tree
6) Eye to Eye
7) What U Give U Get Back
8) Skywriter
9) Yellow Butterfly
10) Freshly Squeezed
11) Priscilla
12) Du bist so schmuzig
13) Aleyah
14) A Moment in a Million Years

DISCOGRAPHIE


Scorpions - Eye II Eye
(1999) - rock hard rock electro - Label : EastWest



Lorsque votre fidèle ami d’enfance - votre frère ! - avec qui vous avez fait les quatre-cents coups, vous a invité à un diner en tête à tête et que vous découvrez une table avec bougies, au lieu de l'habituelle formule pizza-match de foot, les alarmes sonnent. Lorsque lui, sa grosse bedaine et son haleine chargée, se frottent soudainement à vous en murmurant des paroles lascives, plus aucun doute n’est permis.
- Klaus, dernièrement, tu t’es comporté de manière étrange…mais là, tu as pété un plomb…


Tout au long de sa carrière, Scorpions a pu être intense, innovant, agressif, émouvant… mais Scorpions n’a jamais été et ne sera jamais UN GROUPE SEXY. Alors quand Klaus Meine prend successivement la voix de Daffy Duck puis d’un Prince du dimanche le temps d’un des pires débuts d’album que j’ai eu le malheur d’écouter, je me dis que la grosse heure que dure Eye II Eye va s’écouler trèèèèès lentement… Et pourtant, je suis fan de sonorités electro et trip-hop - fun fact : la même année, Paradise Lost sort Host, hommage totalement réussi à Depeche Mode…- ainsi que de certains albums de Prince. Donc a priori, si le fait que Rudolf et Klaus veulent explorer ce genre d’univers musicaux s’avère surprenant, je ne suis pas contre. Simplement le chant entendu sur "Mysterious" ôte toute crédibilité à la tentative de Scorpions de sonner comme Massive Attack. Sur le simili-Prince "To Be No. 1", c’est plus simple, tout est raté et quand, les artistes allemands tentent de revenir à quelque chose de plus classique, ils nous proposent une ballade d’une mièvrerie stupéfiante. Dire que le quatorzième album des mythiques Teutons, placé sous le signe de la diversification stylistique, commence mal relève donc bien de l’euphémisme.
Et même si ce qui suit est globalement un peu plus décent, le bilan chiffré d’Eye II Eye n’est vraiment pas reluisant. La seule bonne chanson vient en cinquième position et se nomme "Mind Like a Tree ". Assez lourde et dotée d’un riff sympa, elle met un peu de baume au cœur du fan monté à bord d’un navire en train de faire naufrage. Quelques autres titres possèdent également des passages intéressants, comme un "Skywriter" au refrain sympathique, malgré la manie de Klaus de souffler son chant pour tenter vainement d’y inculquer une dose de sex-appeal. Le refrain en mode hymne d’ "Aleyah" peut, lui, être qualifié de surprenant et agréable, et, si l’on oublie des beats electro qui n’ont rien à faire là, "Yellow Butterfly", mélange de séquences acoustiques et de riffs appuyés, s’avère assez efficace. Pour le reste, entre le refrain de  "Eye to Eye" rappelant très fortement "One and Only" de Queensrÿche, un hommage pas top à Kiss sur "Priscilla", des tentatives infructueuses de sonner à la fois mainstream et canaille, plus quelques titres tout simplement plats ou gnangnans - coucou "Du bist so schmutzig" et "A Moment in a Million Years" - on ne peut pas dire que le cas Eye II Eye soit facile à plaider…


Que cette décennie des années quatre-vingt a été dure pour Scorpions ! Le groupe ne nous y a offert qu’un bon album, Face The Heat. Les fans du Scorpions plus mignon ont toutefois certainement apprécié Crazy World et Pure Instinct, mais qui a été séduit par ce long pot-pourri de titres globalement  fort médiocres ? Qui ? J’invite les oiseaux rares au restau. Mais sans bougies !



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