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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 21 septembre 2026
Sa note : 13/20

LINE UP

-Jonathan "John" Deverill
(chant)

-Robert Mortimer "Robb" Weir
(chœurs+guitare)

-John James Sykes
(chœurs+guitare)

-Richard "Rocky" Laws
(chœurs+basse)

-Brian "Big" Dick
(batterie)

TRACKLIST

1) Do It Good
2) Love Don't Stay
3) Never Satisfied
4) Running Out of Time
5) Crazy Nights
6) Down and Out
7) Lonely Man
8) Make a Stand
9) Raised on Rock

DISCOGRAPHIE

Wild Cat (1980)
Spellbound (1981)
Crazy Nights (1981)
Ritual (2019)
Bloodlines (2023)

Tygers of Pan Tang - Crazy Nights
(1981) - heavy metal N.W.O.B.H.M. - Label : MCA



Mettre le personnel sous pression dans le but d’une rentabilité à court terme aboutit rarement à un bon résultat. Particulièrement dans le domaine musical. Plutôt que laisser les Tygers of Pan Tang peaufiner leur prochain album, leur maison de disque les renvoie au turbin pour qu’ils dépotent le troisième en à peine plus d’un an. Ces méthodes ne sont pas nouvelles (Deep Purple, Motörhead…). Leurs conséquences regrettables non plus.

Des signes de fatigue étaient déjà perceptibles sur Spellbound, le long format sorti début 1981. Ils se confirment sur Crazy Nights, paru à la fin de la même année. Mid tempo au riff basique, "Do it Good" douche d’entrée l’enthousiasme suscité par le souvenir des fulgurants "Euthanasia" et "Gangland" en ouverture des deux précédents LP. John Deverill surcompense en mettant une intensité vocale en décalage avec la nonchalance des guitares. Pourtant, Robb Weir et John Sykes n’ont pas perdu leurs aptitudes comme ils le montrent sur "Love Don't Stay" - riff incisif, duel nerveux à la six-cordes et refrain mélodieux en juge de paix. Le tempo s’élève, sans jamais affoler les compteurs à la façon de "Gangland", ou de "Hellbound" qui sert manifestement de modèle à "Raised on Rock", plus lent et grevé d’un refrain sans relief. Au moins une certaine forme de dynamisme est présente, là où elle fait défaut sur le pataud "Never Satisfied" que Deverill tente d’animer en vain en surjouant l’agressivité.
La production assurée par Dennis MacKay (Tommy Bolin, Jeff Beck) manque de puissance, constat d’autant plus décevant qu’il s’était occupé du son de Stained Class de Judas Priest. Prisonnières d’une gangue étriquée, les guitares donnent une étrange impression de timidité, ainsi sur "Crazy Nights", au riff pourtant proche de "Suzie Smiled" sur Wild Cat, autrement plus impactant. Les solos sont de qualité variable mais même les plus inspirés, sur "Down and Out" et "Lonely Man", demeurent trop courts pour secouer un défilé de chansons résolument aimables. Le break façon "Planet Claire" guidé par la basse sur "Make a Stand" offre une brève et unique diversion tandis que la batterie de Brian Dick est une fois encore cantonnée à un rôle de métronome discret, seuls quelques roulements rappelant son rôle prépondérant dans la tension folle dégagée sur Wild Cat. Entamé à allure soutenue, "Running Out of Time" fait croire à une éclaircie, sauf qu'à la place du refrain décisif est envoyé un simple schéma de batterie. Frustration.


« Nous n’étions pas prêts » a déclaré John Deverill, le chanteur doué mais too much qui s’époumone sur Crazy Nights. Les bonnes idées ne sont pas absentes mais n’ont pas été développées comme elles l'auraient mérité. Un son trop propre finit d’aseptiser un ensemble pas honteux mais qui s’apparente à un beau gâchis. Griffes rognées, les tigres ronronnent. Ce n’est pas déplaisant, mais ce n’est pas ce qu’on attendait d’eux après des débuts rugissants.



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