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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 07 octobre 2026
Sa note : 13/20

LINE UP

-Joseph "Joey Belladonna" Bellardini
(chant)

-Scott Ian Rosenfeld
(chœurs+guitare)

-Frank Joseph Bello
(chœurs+ basse)

-Charles Lance "Charlie" Benante
(chœurs+batterie)

-Jonathan "Jon" Donais
(guitare)

TRACKLIST

1) Persistence of Memory
2) The Long Goodbye
3) It's for the Kids
4) Everybody's Got a Plan
5) The Edge of Perfection
6) Infectious
7) NYC 93
8) Cursum Perficio
9) Target on My Back
10) Watch It Go
11) My Victory

DISCOGRAPHIE


Anthrax - Cursum Perficio



Des nouvelles du club des procrastinateurs (en bermuda). Tout était presque prêt, puis le Covid, et puis finalement les compos n’étaient pas géniales, les nouvelles tuent, dix ans déjà, comme le temps passe vite ma bonne dame. Bref, les fans ont dû se montrer sacrément patients mais ça y est, le douzième long format d’Anthrax est disponible. Pour autant, les attentes ne sont pas démesurées.

C’est à dire que ces messieurs ne sont pas nés de la dernière tempête de neige new-yorkaise. À l’instar de la quasi totalité des vétérans revenus des succès d’il y a trois ou quatre décennies, les membres d’Anthrax ont abandonné toute velléité d’expérimentation – eux-mêmes avaient essayé et ils ont eu des problèmes. Gros son, grosse basse, chant calé dans les sinus : on sait que c’est Anthrax et ça commence dès l’ironiquement intitulé "The Long Goodbye", succédant à une courte introduction instrumentale. Le tempo est moyen, les couplets le sont aussi et le refrain garni de « oh-oh-oh » paraît interminable. Les chœurs, marqueur fort de l’identité du quintet, sont toutefois peu appuyés – ça, ce n’est pas très Anthrax. L’aspect bourrin qui était parfois reproché aux Yankees en est atténué, mais la virulence aussi, de sorte que l’ouverture est moins vive que "You Gotta Believe" sur For All Kings, le recueil précédent.
Le riff d’"It's for the Kids" donne l’occasion aux thrasheurs de la première heure de rappeler d’où ils viennent mais la tension retombe sur un refrain en décélération. Le constat se répète sur "Everybody's Got a Plan" pourtant doté d’un gimmick futé, "T.O.M.B. (Target on My Back)" malgré la rudesse promise par un riff au ras de la plaque d’égout et "Watch It Go" à l’entame féroce. Et quand le motif de départ se moule dans un heavy à scansions, le manque de dynamisme dévalorise les thèmes prometteurs d’"Infectious" et de la chanson-titre. Heureusement, les gars de la Cote Est parviennent à maintenir l’intensité de bout en bout sur "My Victory" en clôture ainsi que le sympathique "NYC 93" sur lequel la chorale musclée coupent la chique au titulaire du micro pour marteler le refrain.
Malheureusement ce mode opératoire n’est appliqué qu’à une seule reprise, et le solo de Jon Donais n’atteint pas les cimes que le soliste, le plus souvent en mode shred, approche par intermittence. Par ailleurs, les nasillardises du chanteur empêchent de pleinement apprécier l’étonnant exercice de black metal à chant clair digne de Sgàile ou Winterhorde que tente la troupe sur "The Edge of Perfection". Dommage, car sur les passages apaisés, Belladonna démontre une sensibilité adaptée. Et si l’écriture est incontestablement soignée, dans le style progressif convoqué de temps à autre par la troupe on préférera "A.D.I./Horror of It All" à cette occurrence, sauf le respect dû à Scott Ian qui l’a qualifiée de « meilleure chanson d'Anthrax de toute l'histoire du groupe ».


Plus cohérent en qualité que All for Kings, le millésime 2026 d’Anthrax s’écoute sans déplaisir, avec l’impression cependant d’entendre les pionniers du thrash se ranger tranquillement des voitures. La vigueur est préservée mais la vélocité n’est exprimée que par intermittence, au diapason d’un Belladonna qui donne le sentiment de ralentir le groupe sur des refrains peu fédérateurs. Néanmoins, lui et ses complices démontrent qu’il reste encore de l’énergie dans la jauge et que malgré son intitulé, Cursum Perficio (« Mon voyage touche à sa fin ») n’est peut-être pas leur terminus.



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