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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 25 septembre 2026
Sa note : 14/20

LINE UP

-Klaus Willi Meine
(chant)

-Rudolf Schenker
(guitare)

-Matthias Jabs
(guitare)

-Paweł Mąciwoda-Jastrzębski
(basse)

-James Kottak
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Ralph de Jongh
(chœurs sur 1 et 4)

-Joss Mennen
(chœurs sur 1 et 4)

-Alex Jansen
(chœurs sur 1 et 4)

-Jody's Kids Choir
(chœurs sur 1)

-Koen van Baal
(claviers)

-Barry Sparks
(basse sur 2 et 4)

-Ingo Powitzer
(basse sur 13)

TRACKLIST

1) New Generation
2) Love'em or Leave'em
3) Deep and Dark
4) Borderline
5) Blood Too Hot
6) Maybe I Maybe You
7) Someday Is Now
8) My City My Town
9) Through My Eyes
10) Can You Feel It
11) This Time
12) She Said
13) Remember the Good Times - Retro Garage Mix

DISCOGRAPHIE


Scorpions - Unbreakable
(2004) - heavy metal hard rock - Label : BMG



En cas de chute de vélo, il est conseillé de se remettre à pédaler le plus rapidement possible après le gadin, afin de ne pas laisser un traumatisme psychologique ronger la tête du malheureux cycliste. L’échelle de temps des sorties d’albums n’étant pas la même que celle des fans de Bernard Hinault, surtout quand on parle de vétérans du rock comme Scorpions, peut-on considérer que les cinq années s’étant écoulées entre la parution de l’énorme cassage de gueule Eye II Eye et son successeur a constitué un laps de temps relativement bref ?

La réponse est non. C’est même le deuxième temps le plus long entre deux sorties de toute la carrière du groupe, derrière les sept ans séparant Return to Forever de Rock Believer, ex-aequo avec les cinq années écoulées entre Sting of the Tail et Return to Forever. Nos mythiques Teutons se sont-ils donc laissés dévorer par le doute durant ce lustre ? Possible. Ce qui est certain, c’est que l’expérimentation loupée de 1999 leur a remis les idées en place. « Qui ne tente rien n’a rien »… l’équivalent allemand de ce dicton [ndlr : « Wer nicht wagt, der nicht gewinnt »] les a peut-être consolés, mais les expérimentations, c’est FI-NI ! Dès les premières notes d’un "New Generation chiadé" - quels jolis chœurs ! - mais relativement heavy, il est facile de faire le rapprochement entre ce titre introductif et le sympathique "Alien Nation" de 1993. Les fans les plus intuitifs supputent sans doute que Klaus et Rudolf vont nous refaire le coup de l’album costaud et rassurant, tel Face the Heat rattrapant l’extraordinaire mollesse de Crazy World… et ils ont raison ! Bien produit, Unbreakable propose un hard rock frôlant parfois le heavy, varié et globalement agréable. Les clins d’œil au glorieux passé y sont présents, comme sur un "Someday Is Now" dont le début rappelle celui d’"Arizona" ou durant "Through My Eyes", sorte de mix entre "Still Loving You" et "You Give Me All I Need".
"Woman" avait étonné son monde sur Face the Heat, de par sa grande ressemblance avec "Leave Me" de Lonesome Crow, cette fois-ci, c’est au tour de "Maybe I Maybe You" de surprendre tant la référence à… "Ne me quitte pas" de Jacques Brel est évidente. Comme sur le douzième album du groupe, Unbreakable contient certains moments joliment agressifs, la palme du titre le plus énervé, et le plus réussi, revenant à "Blood Too Hot" - quel dommage néanmoins que l’organe vocal de Klaus ne lui permette plus d’extravagances, tant un chant à la "Virgin Killer" aurait été appréciable sur ce titre. Les amateurs de glam et de hard rock festif pourront également classer du côté des réussites "Borderline", "Can You Feel It", très Kiss, et "This Time", très feelgood mais sans niaiseries ou encore le refrain très catchy de "Deep and Dark", pourtant fort mal commencé, mais que les vieux briscards allemands arrivent à rattraper au vol avant le plantage - ils sont experts dans cet art, Pure Instinct en est la preuve. Au final, la petite heure que dure ce quinzième opus est remplie de bonnes choses et l’on ne déplorera que la banalité d’un "My City My Town" tout mou ainsi que la ballade moisie de rigueur, tradition chez Scorpions depuis Crazy World - qu’est "She Said". Pas de quoi troubler la sensation de paix laissée par ce retour au bercail d’un groupe que l’on peut clairement qualifier d’incassable.


Si vous frétillez à l’idée de vous farcir des albums expérimentaux et/ou novateurs, tentez, à vos propres frais, l’album d’avant. Unbreakable marque le retour au Scorpions que nous connaissons tous. Le seul, l’unique. Pas de grands coups de génie, pas de brillance surnaturelle, juste du gros rock, relativement dynamique et bien fait, sans esbroufe. Face the Heat – pt. II, en somme. Personnellement, cela me va très bien. À vous de juger.



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