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CHRONIQUE PAR ...
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 29 octobre 2026
Sa note :
15/20
LINE UP
-Ian Gillan
(chant)
-Richard Hugh "Ritchie" Blackmore
(guitare)
-John Douglas "Jon" Lord
(claviers)
-Roger David Glover
(basse)
-Ian Anderson Paice
(batterie)
TRACKLIST
1)
The Battle Rages On
2)
Lick It Up
3)
Anya
4)
Talk About Love
5)
Time to Kill
6)
Ramschackle Man
7)
A Twist in the Tale
8)
Nasty Piece of Work
9)
Solitaire
10)
One Man's Meat
DISCOGRAPHIE
The Book of Taliesyn
(1968)
Shades of Deep Purple
(1968)
Deep Purple
(1969)
Deep Purple in Rock
(1970)
Fireball
(1971)
Machine Head
(1972)
Who Do We Think We Are
(1973)
Burn
(1974)
Stormbringer
(1974)
Come Taste the Band
(1975)
Perfect Strangers
(1984)
The House Of Blue Light
(1987)
Slaves and Masters
(1990)
The Battle Rages On...
(1993)
Purpendicular
(1996)
Abandon
(1998)
Bananas
(2003)
Rapture Of The Deep
(2005)
Infinite
(2017)
Whoosh!
(2020)
=1
(2024)
Splat!
(2026)
Deep Purple
- The Battle Rages On...
(1993) -
hard rock
- Label :
RCA
Qui croit encore en la justice ? Je sais, je n’ai pas l’habitude d’écrire des pamphlets, mais à un moment il faut savoir dire stop ! Figurez-vous que je viens de recevoir un courrier me notifiant le plus scandaleux des non-lieux. N'écoutant que mon devoir, en tant qu’Inspecteur Principal de la Police du Bon Goût et Président/Secrétaire/Trésorier de la
Kiss Army
Section
Eternelle
- comment ça «
incompatibilité des fonctions
» ? un peu de respect, je vous prie ! -, en 1993, j’assignai tout naturellement
Deep Purple
en justice pour «
utilisation inappropriée de nom de hit mythique
» (art. 666 - alinéa 66 du Code of Trve Music).
Après des années de procédure et malgré le remarquable travail des plus grand ténors du barreau, ainsi qu’un recours à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, l’affaire vient d'être définitivement classée ! Quelle insulte au grand, au seul, à l’unique "
Lick it Up
" ! Un hymne tellement hymne qu’il a même résisté à la grande purge insensée réalisée par Paul Stanley et Gene Simmons dans les années quatre-vingt-dix. Rendez-vous compte ! À côté de ça, le deuxième titre du quatorzième album marquant la réunion temporairement définitive de la «
Mark II
» fait bien pâle figure. Clairement pas le meilleur titre de
The Battle Rages On
..., ce petit "Lick It Up"-là sert tout juste à la formation anglaise pour communiquer que le côté bluesy de Deep Purple est de retour. C'est que, déjà bien mis à mal sur
The House of Blue Light
, le hard rock «
roots
» du quatuor, tant célébré sur des albums tels que
Burn
ou
Perfect Strangers
est totalement réduit à la portion congrue sur l’œuvre précédente. Chanté par le prodigieux Joe Lynn Turner,
Slaves and Masters
propose un hard rock mélodique souvent teinté d’AOR, globalement d’excellente facture - même si les gars auraient CLAIREMENT PU se passer de nous infliger cette horreur de "Love Conquers All"- mais vécu comme une trahison par nos grands amis les talibans pourpres, militant pour la pureté de la «
Mark II
».
L’excellent titre introductif éponyme n’avait dû qu’à moitié les rassurer puisque malgré un durcissement évident de la rythmique - tirant presque sur le metal - et un break quasiment prog, des parfums de hard-rock mélodique à l’américaine y subsistent. Avec le fadasse deuxième titre, les voilà, j’imagine, plus rassurés, puis pleinement rassérénés lorsque résonnent les premiers notes d’un "Talk About Love" autrement plus solide dans sa quête du gros blues-rock, ou d’un "Nasty Piece of Work" bien lourd et rentre-dedans. Autre moment fort de l’album : l’œcuménique "Anya", son motif initial ibérique puis sa dynamique relativement proche du "Live and Let Die" de Paul McCartney, contentant l'ensemble des fans du groupe. Deep Purple a remis les pendules à l’heure et propose un visage plus direct, plus brut, plus conforme à ce qu’attend la fanbase et, même si les deux albums précédents ont - heureusement - laissé des traces niveau conception des mélodies - le groupe réussit globalement son opération retour aux sources. Pourquoi globalement ? Parce que tout n’est malheureusement pas parfait.
D’une part, et même sans s’attarder sur certaines transitions refrain-solo de guitare digne du
Paradise Lost
des mauvais jours, "Lick it Up" n’est pas le seul vilain petit canard. "Time to Kill" est une sorte de v2.0. de "Call of the Wild", qui est loin d’être le meilleur titre de
The House of Blue Light
, "Ramschackle Man" et son harmonica sonnent ultra cliché, "Solitaire" n’est, lui, sauvé de l’ennui que par un joli refrain, tandis que "One Man’s Meat" ne présente guère d’intérêt. D’autre part - et vous constaterez que j’ai tenté d’aborder le sujet le plus tard possible - lorsqu’on sort d’un album chanté par l’un des meilleurs chanteurs de l’époque - Joe Lynn Turner - et qu’on doit digérer le timbre rauque et ultra nasal de celui qui, pourtant, a permis à Deep Purple d’acquérir une dimension cosmique sur
Deep Purple in Rock
et
Machine Head
,
je ne vais pas vous mentir : ça pique. On se rassurera comme on peut en se disant que : 1. ce timbre râpeux contribue au côté brut de décoffrage de l’album, 2. si les gars veulent faire une reprise d’un titre d’
Exodus
époque «
Zetro
» Sousa, ils seront armés. Mais force est de reconnaitre que Ian a perdu de sa superbe.
The Battle Rages On
... n’en reste pas moins un bon album, énergique et plein de bons titres, c’est le plus important.
Hot take : la période
The House of Blue Light –
Purpendicular
est l'une des meilleures du groupe – pas besoin de venir placarder des pigeons morts à ma porte, je les mange -, et
The Battle Rages On...
n’est pas le moins bon de la série. Inégal, certes, chanté par un Ian Gillan dont l’état des cordes vocales ne s’est pas amélioré depuis
The House of Blue Light
, re-certes, le quatorzième album du Pourpre Profond nous propose quelques titres de grande classe, et son retour à des compositions plus percutantes s’avère réellement convaincant et très plaisant. De quoi en oublier ses déboires judiciaires.
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