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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 28 novembre 2022
Sa note : 12/20

LINE UP

-David Scott "Dave" Mustaine
(chant+guitare)

-Pedro Henrique "Kiko" Loureiro
(chœurs+guitare)

-Dirk Verbeuren
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Samuel Roy "Sammy" Hagar
(chant sur "This Planet’s on Fire (Burn in Hell)")

-Electra Nicole Mustaine
(chœurs sur "Célebutante")

-Maila-Kaarina Rantanen
(chœurs sur "Mission to Mars")

-Tracy Lauren "Ice-T" Marrow
(chœurs sur "Night Stalkers")

-Brandon Ray
(chœurs)

-Bill Elliot
(chœurs sur "Junkie")

-John Clement
(chœurs sur "Soldier On!" et "Mission to Mars")

-Clint Underwood
(chœurs sur "Mission to Mars")

-The Marching Metal Bastards
(chœurs sur "Soldier On!")

-Luliia Tikhomirova
(narration sur "Dogs of Chernobyl")

-Rogério "Roger" Lima Manganelli
(claviers)

-Steven "Steve" Di Giorgio
(basse)

-Eric A. Darken
(percussions)

TRACKLIST

1) The Sick, the Dying and the Dead!
2) Life in Hell
3) Night Stalkers
4) Dogs of Chernobyl
5) Sacrifice
6) Junkie
7) Psychopathy
8) Killing Time
9) Soldier On!
10) Célebutante
11) Mission to Mars
12) We'll Be Back
13) Police Truck (Dead Kennedys cover) (bonus)
14) This Planet’s on Fire (Burn in Hell) (Sammy Hagar cover) (bonus)

DISCOGRAPHIE


Megadeth - The Sick, the Dying... and the Dead!
(2022) - heavy metal thrash metal - Label : Universal



Six ans. Déjà ou seulement ? Cela faisait une demi-douzaine d'années que Megadeth n'avait pas sorti d'albums et à la vérité, l'attente fut supportable. Bien sûr, une surprise était toujours possible mais la probabilité que se produisît un chamboulement ayant d'autre origine qu'une embrouille avec un membre du personnel tendait vers le zéro. Le seizième LP intitulé The Sick, The Dying... and the Dead! paraît en cette année 2022 et se révèle en accord avec ce que l'on en attendait. Autant dire d'emblée que c'est pas fifou.

Faisons le point. Dave Ellefson, le bassiste historique, ayant été viré pour avoir montré sa stouquette face camera à une jeune dame dont le doigt a rippé sur « partager avec tous mes contacts », c'est le newbie Steve DiGiorgio, à peu près soixante-dix collaborations au compteur qui joue officiellement sur n°16 – on l'entend autant que sur le dernier Testament, c'est dire si sa participation n'est pas franchement déterminante. Dirk Verbeuren, après tout un tas de concerts à bastonner ses fûts avec l'entité pionnière du thrash metal, a eu l'infime honneur d'être crédité sur un enregistrement studio de cette dernière. Quoi d'autre ? Ice-T fait un cameo, sur l'interminable "Night Stalkers" plombé par une narration cinématographique qui désamorce en partie le riff vibrionnant qui avait suscité l'espoir d'un retour à la fougue de jadis. Pourtant, la vélocité n'est pas absente des débats, en témoignent la scansion initiale secouant "Life in Hell", l'accélération finale sur "Dogs of Chernobyl" ou encore le riff énergique de "Junkie", en net décalage avec la voix assez pâteuse de Dave Mustaine, plutôt raccord avec le sujet traité mais peu stimulante.
Malheureusement, toutes les compositions originales sont dévitalisées par les parties vocales, confinant parfois au marmonnement. Pas un refrain marquant à se mettre sous la dent, des couplets sans saveur (les « die die die » ânonnés sur la chanson-titre ne font sentir aucune menace) : les occasions de s'enjailler font cruellement défaut. Le cancer de la gorge pour lequel Mustaine a été soigné en 2019 a sans doute aggravé une tendance qui se dessinait depuis plusieurs années, et on est surtout content que le désormais sexagénaire s'en soit tiré. Mais pourquoi ne pas tenter le « renforcement » vocal à l'instar de ce que pratique David Coverdale sur scène ou convoquer de véritables chœurs sur les refrains afin d'en augmenter l'impact ? Mustaine veut garder le contrôle, c'est entendu, mais accepter de l'aide n'est pas honteux, comme pour l'écriture des morceaux dont certains pâtissent néanmoins de structures confuses, tels "Sacrifice" contenant des citations peu convaincantes de "Hangar 18" et "Mission to Mars" construit de bric et de broc. La plupart des pistes souffrent d'un effet patchwork aux finitions sinon bâclées, du moins peu gracieuses – les breaks débouchant sur des séquences rythmiques sans plus value sont légion, de même que les solos qui sentent souvent le pilotage automatique, ainsi "Killing Time" en vague réminiscence de "Symphony of Destruction".
Heureusement, le patron irascible a encore quelques bonnes idées, surtout quand il décide de forcer l'allure. Malgré des passages moins percutants, le refrain un peu plus accrocheur que la moyenne et un riff tourbillonnant analogue à celui de "Into the Lungs Of Hell" offrent une vigueur bienvenue à "Soldier On!", de même que les riffs hargneux de "Célebutante" et "We'll Be Back" qui rappellent au bon souvenir des brûlots thrash des eighties, le dernier nommé renvoyant fugacement à "Good Mourning/ Black Friday". On reste à bonne distance toutefois de l'intensité des modèles susmentionnés et il est révélateur de la fragilité de l'offre que ce soit finalement les deux reprises en bonus, "Police Truck" des Dead Kennedys et l'échevelé "This Planet’s on Fire (Burn in Hell)" de Sammy Hagar - sur lesquelles les mecs se lâchent joyeusement - qui fassent battre du pied et secouer la nuque.


Si les aptitudes de Mustaine & co à envoyer du riff incisif sont intactes, c'est à peu près le seul élément positif qui ressort de The Sick, the Dying...And the Dead!. Neutralisée par un chant morne et une inspiration intermittente, la réalisation ne suscite qu'un plaisir relatif, celui de constater que le daron du thrash est toujours en capacité de s'énerver sur des tempos rapides plutôt que céder à l'émollience. En revanche, le filon des chansons mémorables semble être – définitivement ? - tari. Avec cette nouvelle production, Megadeth confirme son statut d'institution du metal dont on n'ose plus espérer autre chose que des livraisons aussi respectables qu'anecdotiques.



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