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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 29 octobre 2026
Sa note : 12/20

LINE UP

-Jon Davison
(chant+guitare)

-Stephen James "Steve" Howe
(chant+guitare+harmonica+claviers)

-William Wyman "Bill" Sherwood
(chant+guitare+basse)

-Geoffrey "Geoff" Downes
(claviers)

-Jay "Schellen" Schellenbaum
(batterie)

A participé à l’enregistrement :

-Orchestre symphonique national tchèque (dirigé par Vladimir Martinka) sur "Aurora" et "Ariadne"

TRACKLIST

1) Aurora
2) Turnaround Situation
3) Love Lies Dreaming
4) Countermovement
a) Taro
b) Anytime Soon
c) Blink of an Eye
d) Freedom's Edge
5) Ariadne
6) All Hands on Deck
7) Outside the Box
a) Light
b) Outbox
8) Emotional Intelligence
9) Jambustin'
10) Watching the River Roll

DISCOGRAPHIE

Fragile (1971)
The Yes Album (1971)
Close To The Edge (1972)
Relayer (1974)
Going For The One (1977)
Tormato (1978)
Drama (1980)
90125 (1983)
Big Generator (1987)
Talk (1994)
Tales from Yesterday (Tribute to Yes) (1995)
The Ladder (1999)
Heaven & Earth (2014)
The Quest (2021)
Mirror to the Sky (2023)
Aurora (2026)

Yes - Aurora
(2026) - rock prog - Label : Inside Out Music



Quelques notes aux claviers surmontant des accords cristallins, qui aussitôt immergent l’auditeur et l'auditrice dans un royaume intrigant. On aimerait que l'habillage musical du très recommandable podcast Dans le Secret des Dieux préfigure du contenu d’Aurora, la dernière sortie en date de Yes. En soixante minutes, il y a bien moyen d’y trouver quelque chose d’approchant, non ?

Cette présentation sans doute laborieuse illustre la difficulté à renouveler le champ lexical pour décrire une œuvre des vénérables du rock progressif depuis une dizaine d'années (et puis tant qu’à faire, autant se faire plaisir en citant une référence de qualité). En même temps, Jay Schellen, batteur translucide de la formation, avait prévenu : « nous procédons de la même manière depuis les trois derniers albums. Il s’agit d’un enregistrement à distance ». Et bien, cher Jay, sache que ça s’entend. Non pas que le travail soit bâclé. Les types sont des pros, ça joue bien – partons du principe que l’intelligence artificielle n’ait pas remplacé les humains sur cette réalisation. Si c’est bien le cas, bravo les papys.
Mais que ces pistes manquent cruellement d’âme. De cohésion. De chaleur. Chacun joue placidement sa partition dans son coin et, sans surprise, le résultat donne une espèce de patchwork délavé, assemblé une fois de plus par Steve Howe, le chef de bande qui revient à ses premières amours hispanisantes - "Turnaround Situation", "Ariadne", la chanson-titre. Sur les deux derniers titres évoqués retentit un orchestre, enfin essentiellement la section des cordes de l’Orchestre symphonique national tchèque. Enfin, « retentit », n’exagérons rien, l’impact reste modéré, les fans des lourdeurs symphoniques façon Therion et Epica n’ont rien à espérer ici. Sauf que le son est tellement diaphane que ces quelques violonades font l’effet de boursouflures. Néanmoins, elles génèrent sur "Ariadne" l’un des rares thèmes mémorables du recueil. Car une nouvelle fois sur un Yes 2020's, le mid tempo est roi et les plans interchangeables se succèdent. On se demande combien d’écoutes seraient nécessaires pour mémoriser les partitions de "Love Lies Dreaming", "Emotional Intelligence" ou encore le bien nommé "Watching the River Roll". Étant donné le mode opératoire décrit ci-dessus, il serait étonnant que les musiciens soient en mesure de les jouer sur scène, de tête et de bout en bout.
Une poignée de morceaux sortent tout de même du lot, dont "Countermovement", roborative pièce de près de quatorze minutes sans dénivelé où les synthés de Geoff Downes affrontent mollement la guitare de Howe, jusqu’à un solo de ce dernier au ralenti et une conclusion de trente secondes a cappella par un Jon Davison plus éthéré que jamais. Son entame en médium, plus consistante, n’aura été qu’une goutte d’eau dans un océan de modulations flûtées, qui ne donnent peut-être pas dans la facilité mais glissent comme la drache sur un pare brise picard – ses onomatopées sur "Outside the Box", bardé de synthés cheesy et d’un flanger balourd, mettent les nerfs à rude épreuve. Pour trouver un semblant d’intensité, il faut se contenter du rock en slow motion de "Jambustin'" et, miracle, d’un riff saturé doublé à l’orgue à l’amorce de "All Hands on Deck". Bon, ce n’est pas Deep Purple non plus, mais le refrain direct reste en tête et ces trois petites minutes sont plus vigoureuses que tout ce que le groupe a publié depuis… longtemps.


On prend les mêmes – pour une fois – et on recommence. Le fait qu’Aurora soit le premier album depuis Keys to Ascension 2 paru en 1997 à avoir été enregistré avec le même personnel que son prédécesseur constitue le seul fait notable du vingt-quatrième long format de Yes capté en studio. Une production inconsistante achève de dénerver des compositions qui s’apparentent à une juxtaposition de séquences parfois intéressantes, mais sans qu’un véritable lien les unisse. Les adversaires de la formation archétypale du rock prog des années soixante-dix auront beau jeu d’affirmer que le procédé était déjà de mise chez les Britanniques il y a plus d'un demi-siècle. Oui, mais pas dans un environnement aussi aseptisé.





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